224 Des Etats de l’Europe
de tous les évêchés , 8c s’exprime dans ses bullescomme s’il conférait ces dignités de fa feule puissance.Tous les évêques italiens, espagnols, flamands, fenomment évêques par la permiffion divine, 8c par celledu S 1 Siège. Beaucoup de prélats français, vers l’an1682 , rejetèrent cette formule fl inconnue aux pre-miers siècles ; 8c nous avons vu de nos jours, en 1754,Un évêque ( Stuart Fitzjames, évêque de Soiífons )assez courageux poUr F omettre dans un mandementqui doit passer à la postérité; mandement ou plutôtinstruction unique, dans laquelle il est dit expressé-ment ce que nul pontife n’avait encore osé dire, quetous les hommes, 8c les infidelles mêmes font nosfrères.
Enfin le pape a conservé dans tous les Etats catho-liques des prérogatives qu’assurément il n’obtiendraitpas fl le temps ne les lui avait pas données. II n’y apoint de royaume dans lequel il n’y ait beaucoupde bénéfices à fa nomination ; il reçoit en tribut lesrevenus de la première année des bénéfices consisto-riaux.
Les religieux, dont les chefs résident à Rome ,font encore autant de sujets immédiats du pape ,répandus dans tous les Etats. La coutume, qui faittout, 8c qui est cause que le monde est gouverné pardes abus comme par des lois, n’a pas toujours permisaux princes de remédier entièrement à un danger ,qui tient d'ailleurs à des choses regardées commesacrées. Prêter serment à un autre qu’à Ion souverainest un crime de lèse-majesté dans un laïque ; c’estdans le cloître un acte de religion. La difficulté desavoir à quel point on doit obéir à ce souverain
étranger ,