avant Louis XIV. 231
d'Etat ne s'étaient pas moins signalés. Le chancelierOxenjliern, le comte duc d'Olivarès, mais surtout lecardinal de Richelieu , avaient attiré sur eux l’attentionde l'Europe. II n’y a aucun siècle qui n’ait eu deshommes d'Etat 8c de guerre célébrés : la politique 8cles armes semblent malheureusement être les deuxprofessions les plus naturelles àl'homme : il faut tou-jours ou négocier ou se battre. Le plus heureux passepour le plus grand, 8c le public attribue souvent aumérite tous les succès de la fortune.
La guerre ne se lésait pas comme nous l’avons vufaire du temps de Louis XIV; les armées n’étaient passi nombreuses : aucun général, depuis le siège deMetz par Charles-Quint, ne s’était vu à la tête de cin-quante mille hommes : on abrégeait 8c on défendaitles places avec moins de canons qu’aujourd’hui. L'artdes fortifications était encore dans son enfance.Les piques 8c les arquebuses étaient en usage; on seservait beaucoup de l’épée, devenue inutile aujour-d'hui. II restait encore, des anciennes lois des nations,celle de déclarer la guerre par un héraut. Louis XIIIfut le dernier qui observa cette coutume : il envoyaun héraut-d’armes à Bruxelles déclarer la guerre àl’Espagne en 1635.
Vous savez que rien n’était plus commun alorsque de voir des prêtres commander des armées : lecardinal infant, le cardinal de Savoie , Richelieu , laVolette, Sourdis archevêque de Bordeaux, le cardinalThéodore Trivulce, commandant de la cavalerie espa-gnole , avaient endossé la cuirasse, 8c fait la guerreeux-mêmes. Un évêque de Mendes avait été souventintendant d’armée. Les papes menacèrent quelquefois
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