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Tome vingtieme.
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DU GRAND CONDÉ. 2^5

Tant dc succès 8c de services, moins récompensésque suspects à la cour , le fesaient craindre duministère autant que des ennemis. On le tira duthéâtre de ses conquêtes 8c de fa gloire, 8c on l’envoyaen Catalogne avec de mauvaises troupes mal payées;il assiégea Lérida , 8c fut obligé de lever le siège. Onl’accuse dans quelques livres , de fanfaronnade, pour 1647.avoir ouvert la tranchée avec des violons. On nesavait pas que c’était l’usage en Espagne.

Bientôt les affaires chancelantes forcèrent la courde rappeler Condé en Flandre. L’archiduc Léopold ,frère de l’empereur Ferdinand III , assiégeait Lens enArtois. Condé, rendu à ses troupes qui avaient toujours ^ B.itaîlic devaincu fous lui , les mena droit à l’archiduc. C’étaitpour la troisième fois qu’il donnait bataille avec ledésavantage du nombre. II dit à ses soldats ces seulesparoles : Amis , Jouvenei-vous de Rocroi, de Fnbourg ò deNorlingue.

11 déssaçea lui-même le maréchal de Grammont, 10 août

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qui pliait avec l’aîle gauche ; il prit le généralBeck. L’archiduc se sauva à peine avec le comtede Fuenfaldagne. Les Impériaux 8c les Espagnols , quicomposaient cette armée,furent dissipés ; ils perdirentplus de cent drapeaux, 8c trente - huit pièces de canon ;ce qui était alors très-considérable. On leur fit cinqmille prisonniers, on leur tua trois mille hommes, lereste déserta, 8c l’archiduc demeura sans armée.

Ceux qui veulent véritablement s’instruire peuventremarquer que depuis la fondation de la monarchiejamais les Français n’avaient gagné de fuite tant debatailles 8c de si glorieuses par la conduite 8c par lecourage.