Guerre civile. 2 63
combattant fut amené devant une cour de justice,interrogé sur l’abus qu’on lui reprochait d’avoir faitde son pouvoir, condamné à perdre la tête, 8c exécutédevant tout son peuple, avec autant d’ordre 8c avecle même appareil de justice que si on avait condamnéun citoyen criminel; fans que dans k cours de cestroubles horribles, Londres fe fût ressentie un momentdes calamités attachées aux guerres civiles.
Les Français, au contraire, fe précipitaient dansles séditions par caprice 8c en riant : les femmesétaient à la tête des factions ; l’amour feíait 8c rompaitles cabales. La duchesse de Longueville engagea Turenne,à peine maréchal de France, à faire révolter Farinéequ’il commandait pour le roi.
C’était la même armée que le célébré duc deSaxe-Veimar avait rassemblée. Elle était commandée,après la mort du duc de Vtimar , par le comte à'Erlach ,d une ancienne maison du canton de Bersie. Ce futce comte d'Erlach qui donna cette armée à la France,8c qui lui valut la possession de l’Alsace. Le vicomtede Turenne voulut le séduire ; l’Alsace eût été perduepour Louis XIV, mais il fut inébranlable; il contintles troupes veimariennes dans la fidélité qu ellesdevaient à leur serment. II fut même chargé par lecardinal Mazarin d’arrêter le vicomte. Ce grand-homme, infidelle alors par faiblesse, fut obligé dequitter en fugitif Farinée dont il était général, pourplaire à une femme qui fe moquait de fa passion : ildevint de général du roi de France lieutenant dedom Ejìevan de Gammare , avec lequel il fut battu àRétel par le maréchal du Plejsis-Prajlin.
On connaît ce billet du maréchal d’ Hocquincourl à
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