GUERRE CIVILE. 2 7 3
Deux conseillers furent assez imprudens, pour alleravec quelques paysans faire rompre les ponts par oùle cardinal devait passer : f un d’eux nommé Bitautfut fait prisonnier par les troupes du roi, relâchéavec indulgence 8c moqué de tous les partis.
Cependant le roi majeur interdit le parlement deParis , 8c le transfère à Pontoife. Quatorze membresattachés à la cour obéissent, les autres résistent. Voilàdeux parlemens qui pour mettre le comble à laconfusion se foudroient par des arrêts réciproques,comme du temps de Henri IV 8c de Charles VI.
Précisément dans le temps que cette compagnies’abandonnait à ces extrémités contre le ministre duroi, elle déclarait criminel de lèfe-majesté le princede Condé , qui n’était armé que contre ce ministre ; 8cpar un renversement d’esprit, que toutes les démarchesprécédentes rendent croyable, elle ordonna que lesnouvelles troupes de Gajlon duc d’Orléans marche-raient contre Maiarin, 8c elle défendit en même tempsqu’on prît aucuns deniers dans les recettes publiquespour les soudoyer.
On ne pouvait attendre autre chose d’une compa-gnie de magistrats qui, jetée hors de fa sphère, 8c neconnaissant ni ses droits, ni son pouvoir réel, ni lesaffaires politiques , ni la guerre, s’assemblant 8c déci-dant en tumulte , prenait des partis auxquels ellen’avait pas pensé le jour d’auparavant, 8c dont elle-même s’étonnait ensuite.
Le parlement de Bordeaux servait alors le princede Condé; mais il tint une conduite un peu plusuniforme, parce qu’étant plus éloigné de la cour,il était moins agité par des factions opposées.
Siécle de Louis XIV. Tom. I. S
6 aoât1653.
Le parlementcondamne leprince deCondé , S: faitla guerre auroi.