de la Flandre. 33 1
La rapidité de ces conquêtes remplit d’alarmesBruxelles ; les citoyens transportaient déjà leurs effetsdans Anvers. La conquête de la Flandre entièrepouvait être l’ouvrage d’une campagne. II ne man-quait au roi que des troupes affez nombreuses, pourgarder les places , prêtes à s’ouvrir à ses armes.
Louvois lui conseilla de mettre de grosses garnisonsdans les villes prises , & de les fortifier. Vauban , l’unde ces grands-hommes Sc de ces génies qui parurentdans ce siècle pour le service de Louis XIV , futchargé de ces fortifications. II les fit suivant sanouvelle méthode , devenue aujourd’hui la règle detous les bons ingénieurs. On fut étonné de ne plusvoir les places revêtues que d’ouvrages presque auniveau de la campagne. Les fortifications hautes Scmenaçantes n'en étaient que plus exposées à êtrefoudroyées par l’artillerie : plus il les rendit rasantes,moins elles étaient en prise. II construisit la citadellede Lille sur ces principes. On n’avait point encore 1668en -France détaché le gouvernement d’une ville decelui de la for ter este. L’exemple commença en faveurde Vauban ; il fut le premier gouverneur d’une cita-delle. On peut encore observer que le premier de cesplans en relief, qu’on voit dans la galerie du louvre ,
(11) fut celui des fortifications de Lille.
Le roi fe hâta de venir jouir des acclamations despeuples , des adorations de ses courtisans Sc de sesmaîtresses , 8c des fêtes qu’il donna à fa cour.
j 11] Ces plans ont été depuis transportés aux invalides.