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374 Evacuation de la Hollande.
Comté, la supériorité de son gouvernement paruttoute entière. II s’agissait de mettre dans son parti,ou du moins d’endormir les Suisses , nation auíïìredoutable que pauvre , toujours armée, toujoursjalouse à l’excès de fa liberté , invincible fur sesfrontières, murmurant déjà 8c s’effarouchant de voirLouis XIV une seconde fois dans leur voisinage.L’empereur 8c l’Espagne sollicitaient les treize can-tons de permettre au moins un passage libre à leurstroupes , pour secourir la Franche-Comté, demeuréesans défense parla négligence du ministère espagnol.Le roi de son côté pressait les Suisses de refuser cepassage ; mais l’Empire 8c l’Espagne ne prodiguaientque des raisons 8c des prières : le roi, avec de F argentcomptant, détermina les Suisses à ce qu’il voulut :le passage fut refusé. Louis , accompagné de son frèreSc du fils du grand Condé , assiégea Besançon. II aimaitla guerre de sièges , 8c pouvait croire F entendre austi-bien que les Condé & les Turenne; mais tout jalouxqu'il était de fa gloire, il avouait que ces deux grands-liommes entendaient mieux que lui la guerre de cam-pagne. D’ailìeurs il n’assiégea jamais une ville, fansêtre moralement sûr de la prendre. Louvois fêlait sibien les préparatifs ; les troupes étaient si bien four-nies ; Vaaban , qui conduisit presque tous les sièges,était un si grand maître dans Fart de prendre lesvilles , que la gloire du roi était en fureté. Vaubandirigea les attaques de Besançon : elle fut prise en neufjours ; 8c au bout de six semaines toute la Franche-Comté fut soumise au roi. Elle est restée à la France ,8c semble y être pour jamais annexée : monumentde la faiblesse du ministère autrichien-espagnol, 8c dela force de celui de Louis XIV.