Z 7 8 CONQJJETE DE l’AlSACE.
ayant envoyé la lettre au roi, qui lui défendit d’ac-cepter le cartel, ne répondit aux plaintes 8c au défide sélecteur que par un compliment vague, 8c quine signifiait rien. C’était assez le style 8c f usage deTurenne , de s'exprimer toujours avec modération 8cambiguïté.
II brûla , avec le même sang-froid, les fours 8cune partie des campagnes de l'Alsace, pour empê-cher les ennemis de subsister. II permit ensuite à sacavalerie de ravager la Lorraine. On y fit tant dedésordre que l’intendant, qui de son côté désolaitla Lorraine avec sa plume, lui écrivit 8c lui parlasouvent, pour arrêter ces excès. II répondait froide-ment : Je le ferai dire à l'ordre. II aimait mieux êtreappelé le père des soldats qui lui étaient confiés ,que des peuples qui, selon les lois de la guerre, fonttoujours sacrifiés. Tout le mal qu’il se fait, paraissaitnécessaire ; fa gloire couvrait tout ; d’ailleurs , lessoixante 8c dix mille allemands , qu’il empêcha depénétrer en France, y auraient fait beaucoup plusde mal qu’il n’en fit à l’Alsace, à la Lorraine 8c auPalatinat,
Telle a été depuis le commencement du seizièmesiècle la situation de la France que, toutes les foisq u’elle a été en guerre, il a fallu combattre à la fois
M. Colini reproche à M. îe président Hénault d’avoir dit , dans fou.abrégé chronologique , que le maréchal de turenne répondit à ce cartelavec une modération qui Jit honte à léleSeur de cette bravade. La honte étaitdans l’incendie loríqu’on n'était pas encore en guerre ouverte avec lePalatinat, 8 cce n’était point une bravade dans un prince justement irrité,de vouloir sc battre contre sauteur de ces cruels excès. L’élccteur étaittrès-vif ; l’esprit de chevalerie n'était pas encore éteint. On voit dans leslettres de Vélijfon que Louis XIV iui-même demanda 5'il pouvait enconscience se battre contre Tempereur Lêopoid .