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Tome vingtieme.
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Z8o Progrès de Condé.

recommencer le combat contre des ennemis tropbien retranchés. On se battit à trois reprises. Lesdeux généraux , dans ce mélange de fautes 8c degrandes actions , signalèrent également leur présenced’esprit 8c leur courage. De tous les combats quedonna le grand Condé , ce fut celui où il prodigua leplus fa vie 8c celle de ses soldats. II eut trois chevauxtués fous lui. II voulait, après trois attaques meur-trières , en hasarder encore une quatrième. II parut,dit un officier qui y était, qn'il n’y avait plus quele prince de Condé qui eût envie de Je battre. Ce quecette action eut de plus singulier, c’est que les troupesde part 8c d’autre, après les mêlées les plus sanglantesSc les plus acharnées , prirent la fuite le soir par uneterreur panique. Le lendemain, les deux armées seretirèrent chacune de son côté, aucune n’avant ni lechamp de bataille, ni la victoire , toutes deux plutôtégalement affaiblies 8c vaincues. II y eut près desept mille morts 8c cinq mille prisonniers du côtédes Français ; les ennemis firent une perte égale.Tant de sang inutilement répandu empêcha l’une 8cl’autre armée de rien entreprendre de considérable.II importe tant de donner de la réputation à sesarmes que le prince d’Orange . pour faire croirequ’il avait eu la victoire, assiégea Oudenarde ; maisle prince de Condé prouva qu’il n’avait pas perdu labataille, en fêlant aussitôt lever le siège, 8c en pour-suivant le prince d’Orange.

On observa également en France 8c chez les alliésla vaine cérémonie de rendre grâces à Dieu d’unevictoire qu’on n’avait point remportée : usage établipour encourager les peuples > qu’il faut íoujauratromper.