en Flandre. 3S9
On n’avait pris encore aucun des dehors de la place.II fallait d’abord attaquer deux demi-lunes. Derrièreces demi-lunes était un grand ouvrage à couronne ,palissadéSc fraisé, entouré d’un folle coupédeplusieurstraverses. Dans cet ouvrage à couronne était encoreun autre ouvrage, entouré d’un autre folle. II fallait,après s’être rendu maître de tous ces retranchemens ,franchir un bras de l’Efcaut. Ce bras franchi, ontrouvait encore un autre ouvrage, qu’on nomme pâté.Derrière ce pâté coulait le grand cours de l’Efcaut,profond & rapide , qui sert de fossé à la muraille.Enfin la muraille était soutenue par de larges remparts.Tous ces ouvrages étaient couverts de canon. Unegarnison de trois mille hommes préparait une longuerésistance.
Le roi tint conseil de guerre pour attaquer lesouvrages du dehors. C’était l’ufage que ces attaquesfe fissent toujours pendant la nuit, afin de marcheraux ennemis fans être aperçu , 8 c d’épargner le sangdu soldat. Vauban proposa de faire l’attaque en pleinjour. Tous les maréchaux de France se récrièrentcontre cette proposition. Louvois la condamna. Vaubantint ferme , avec la confiance d’un homme certain dece qu’il avance, j» Vous voulez , dit-il, ménager le55 sang du soldat : vous l’épargnerez bien davantagej 5 quand il combattra de jour, fans confusion 8 c fans55 tumulte, fans craindre qu’une partie de nos gens55 tire fur l’autre, comme il n’arrive que trop souvent.55 II s’agit de surprendre l’ennemi, il s’attend toujours55 aux attaques de nuit : nous le surprendrons en effet >55 lorfqu’il faudra qu’épuifé des fatigues d une veille ,55 il soutienne les efforts de nos troupes fraîches.
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