480 Mort de Charles II.
Mort dc encore un mois, 8c acheva enfin à l’âge de trente-1 novembre neu ^ ans ^ a v ^ e obscure qu’il avait menée fur le trône.
1700. Peut-être n’eíl-il pas inutile, pour faire connaîtrel’efprit humain , de dire que quelques mois avant famort ce monarque fit ouvrir à l’efcurial les tombeauxde son père, de fa mère 8c de fa première femme,Marie-Louise £ Orléans , dont il était soupçonné d’avoirsouffert 1’empoisonnement. (qq) II baisa ce qui restaitde ces cadavres, soit qu’en cela il suivît f exemplede quelques anciens rois d’Efpagne, soit qu’il voulûts’accoutumer aux horreurs de la mort, soit qu’unesecrète superstition lui fît croire que l’ouverture deces tombes retarderait l'heure où il devait être portédans la sienne.
Ce prince était né austì faible d’efprit que decorps ; 8c cette faiblesse s’était répandue fur ses Etats.C’est le fort des monarchies que leur prospéritédépende du caractère d’un seul homme. Telle étaitla profonde ignorance dans laquelle Charles II avaitété élevé que, quand les Français assiégèrent Mons,il crut que cette place appartenait au roi d’Angleterre.II ne savait ni où était la Flandre , ni ce qui luiappartenait en Flandre, (rr) Ce roi laissa au ducd’Anjou , petit-fils de Louis XIV, tous ses Etats , fansconnaître ce qu’il lui laissait.
Toute l’Eu- Son testament fut si secret que le comte de Harrach,dutcstamenc ambassadeur de l’empereur, se flattait encore quel’archiduc était reconnu successeur. II attendit long-temps l’issue du grand conseil, qui se tint immédia-tement après la mort du roi. Le duc d 'Abrantes vint
(??) Voyez le chapitre des anecdotes.
(rrj Voyez les mémoires de t or ci , tom. I, pag. 1 S.
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