CREMONE. 17 02. 501
supérieur dans le commandement. Le duc de Savoieavait le vain titre de généralissime mais le maréchalde Villeroi l’était. II ordonna d’abord que l’on atta-quât le prince Eugène au poste de Chiari près dcl’Oglio. Les officiers-généraux jugeaient qu’il était Ecluc decontre toutes les règles de la guerre d’attaquer ce chlar1-poste, pour des raisons décisives ; c’est qu’il n’étaitd’aucune conséquence, 8c que les retranchemens enétaient inabordables , qu’on ne gagnait rien en leprenant, 8c que, si on le manquait, on perdrait laréputation de la campagne. Villeroi dit au duc deSavoie qu’il fallait marcher, 8c envoya un aide decamp ordonner de fa part au maréchal de Catinatd’attaquer. Catinat se fit répéter l’ordre trois fois ,puis se tournant vers les officiers qu’il commandait:
Allons donc , dit-il, Messieurs , il faut obéir. On marchaaux retranchemens. Le duc de Savoie, à la tête deses troupes, combattit comme un homme qui auraitété content de la France. Catinat chercha à se fairetuer. II fut blessé ; mais, tout blessé qu’il était ,voyant les troupes du roi rebutées , 8c le maréchal deVilleroi ne donnant point d’ordre, il fit la retraite ;après quoi il quitta l’armée , 8c vint à Versaillesrendre compte de fa conduite au roi, fans se plaindrede personne.
Le prince Eugène conserva toujours fa supériorité 2 teviUrfurie maréchal de Villeroi. Enfin, au coeur de l’hiver, I 702 ‘un jour que ce maréchal dormait avec sécurité ^ arechaldedans Crémone , ville assez forte 8c munie d’une dans Cre-très-grande garnison , il est réveillé au bruit des m0ae ’décharges de mousqueterie. II se lève en hâte, montea cheval ; la première chose qu’il rencontre , c’est
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