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commandement de M. le contre-amiral Dumanoir , sonttombés au pouvoir de l’ennemi, cet officier-général a fait de sapersonne, et par ses manœuvres, ordres et signaux, tout cequi était possible dans cette circonstance pour la défense deVescadre, dont le commandement lui était confié, pour celledu vaisseau qu’il montait, et pour l’honneur des armes de S.M.
Exposé des faits énoncés dans les journaux et rapportssoumis à l’examen du conseil.
Après le combat de Trafalgar, la division sous le com-mandement du contre-amiral Dumanoir , composée des vais-seaux, le Formidable, le Scipiou, le Mont-Blanc et le Du- guay Trouin , fit route pour l’ile de Rhé, signalée commepoint de ralliement en cas de séparation ; elle essuya de très-forts coups de vent sur le cap Saint-Vincent , et le doubla le 7Brumaire, an 14 (29 Octobre, 1805.)
Ces mauvais tems augmentèrent beaucoup les avaries queles vaisseaux avaient déjà essuyées dans le combat de Traf'at-gar, et particulièrement celles du Formidable et du Duguay- Trouin .
Le 11 Brumaire, (2 Novembre) étant par la latitude du cap Finisterre , les vents au nord-ouest, la division faisait route àl’est nord-est ; elle fut observée toute la journée par trois fré-gates qui ne répondirent pas aux signaux et dont une fit voileau sud, en tirant des coups de canon ; ce qui donna lieu desoupçonner qu’il y avait dans ces parages une escadre ennemie.
Sur le soir, on aperçut le cap-Villano (côte d’Espagne ), àtoute vue. On n’avait connaissance d’aucun bâtiment sous leveut, et cette circonstance engagea le contre-amiral Dumanoir à porter au sud-est, dans l'intention d’atteindre, à la pointe dujour, le cap Ortegal, soit pour de là faire route pour l’îled’Aix, soit pour se réfugier dans quelque port de cette côte,si le vent passait à l’est. Dans ce moment, les pompes pou-vaient à peine soutenir le Formidable sur l’eau. A neuf heuresdu soir, le ciel s éclaircit ; on aperçut une escadre ennemiedans le sud-ouest, et le contre-amiral Dumanoir fit aussitôtmettre la route à l’est nord-est, en ordonnant de forcer devoiles.
Le lendemain 12 Brumaire, (3 Novembre) à dix heures dumatin, on vit quatre vaisseaux et quatre frégates.
Le 13, (4 Novembre), dès la pointe du jour, on s’était a-perçn que l’ennemi gagnait sensiblement; il était déjà à troisportées de canon, tout au plus, de la division.
À sept heures et demie, le contre-amiral Dumanoir fit con-naître au capitaine du vaisseau le Mont-Blanc , “l’intention oùil était de virer de bord pour combattre trois vaisseaux et troisfrégates de la division ennemie qui se trouvaient les plusavancés, parce que s’il avait l’avantage, il serait plus à portéede combattre ceux qui venaient après."