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porté au poste. Une demi-heure après, la barre du Foi - ',midable se trouva engagée par un boulet, resté entre l’étambo* 'et le gouvernail dont il empêchait le jeu. |
Ce vaisseau avait six pieds d’eau dans la cale, la mâtur^«était plus tenue par son grément, et près de 200 homme®étaient hors de combat. '
Pendant qu’on pousait le contre-amiral Dumanoir , on vin^prendre ses ordres de la part de son capitaine de pavillon, auquelil fit dire de continuer le combat à outrance, s’en rapportantlui pour l’honneur du paiillon. $.
Ce capitaine renvoya de nouveau rendre compte que l* r 'vaisseau ne pouvait plus gouverner, que la barre du gouvef.nail était engagée, et qu’il était entouré par trois vaisseau*ennemis. i.
Le contre-amiral Dumanoir répondit que son intentionétait de combatire tant que la mâture serait haute.
Peu de terris après (à trois heures, vingt minutes) on luiapprend que le vaisseau est amené. Il ordonne de faire re-^hisser le pavillon, et veut se faire porter sur le pont, lorsque^le capitaine vient lui-même reudre compte de l’impossibiiit® ?de continuer le combat. Dans te même moment, le grand;mât tombe ; il est suivi du mât de perroquet de fougue et de.la vergue sèche. f
Nos trois autres vaisseaux combattaient encore; mais d®;sont successivement obligés de succomber, par la perte entière|de leurs mâtures. f
Le contre-amiral Dumanoir dit que les capitaines, officiers!et équipages ont montré, pendaut toute L’action, une grande,bravoure, |
Avis du Conseil d’Enquête. t
On voit que le 11 Brumaire au 14, et le 12 an matin, (2 et 3|Novembre) les vents ont régné avec force du nord-ouest aU|<sud-ouest : tant qu’ils continuaient et fraîchissaient de cettelpartie, le contre-amiral Dumaiioir pouvait espérer d’atteindre|les côtes avant d’être oblige d'en venir à un combat. J
Mais il ne devait pas se contenter de faire repousser lesfrégates avancée» de l’ennemi par des coups de canon de re-’ïtraite; c’était leur opposer une trop petite force, et exposeffles vaisseaux à recevoir des bordées eutièrts, qui devaient les *enfiler de long en long et les dégréer. il devait tenir eOjarrière les meilleures marcheurs, et leur faire tirer des bordées [sur les fi égates.ennemies, pour rejoindre ensuite en forçant devoiles.
Le 12 Brumaire au soir, (3 Novembre) le vent ayant molli)les vaisseaux ennemis approchaient à vue d’œil. La nuit fut:;si belle et la lune si claire, qu’il était impossible d’échapper ei* ffaisant fausse route ; dès-lors le combat parut inévitable. |