MEYRIMGEN, 481
besoin que d’y être constamment exact etvrai *■
Il faut bien, ma chère amie, que tu te con-tentes de cet aperçu général, et que ton ima-gination supplée pour les détails du tableau,à la disette de mes expressions. J’ai épuiséjusqu’ici tous les termes de ma langue , à ren-dre les beautés pittoresques des vallées et desmontagnes de l’Helvétie ; et tandis que la na-ture y reproduit incessamment de nouveaux \aspects, je me trouve réduit à une honteusestérilité, en présence de ses plus ravissantesimages. Que puis-je dire, par exemple, duReichenbach et du Giessbach , ces deux cas-cades si célèbres, si différentes entre elleset de toutes les autres, que je n’aie déjà ditdes divers phénomènes du même genre ? Etquand les arbres, les rochers, les eaux, lesmontagnes prennent à chaque instant, sous lapuissante main du Créateur, des formes etdes dispositions toutes nouvelles, est-il encoreen mon pouvoir de donner, aux mots qui lesdésignent, des acceptions aussi variées que cesobjets eux-mêmes? Je dois donc m’abstenir depeindre, puisque je manque de couleurs; etje me hâte d’avouer mon impuissance, pour
ï Les deux vues ci-jokites représentent la vallée de Meyringen et lacascade du Reichenbach. i
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