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Tome premier.
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LHORTICULTEUR.

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Deux ans après, au mois de mai ou de juin 1850 c'était la dernière fois que laduchesse de lîerri devait voir fleurir ses roses , elle avisa qu il y avait deux ans

quelle jouissait du plaisir de posséder seule lhy-Jn ydes de Rosni, et quil était temps de renou-veler ce plaisir en le partageant. Elle pensa quece serait pour le célèbre jardinier un présent dequelque valeur, et elle chargea de nouveau mada-me de Larochejacqueleinde le lui offrir de sapai t.

Madame de Larochejacquelein trouva lhorti-culteur lisant a lombre de deux hauts églantierschargés de fleurs magnifiques. Il reçut loffreavec les témoignages de reconnaissance que mé-ritait cette honorable et délicate attention. Maisle bienfait arrivait tard; il avait eu soin, dansle peu de temps qu'il avait eu les roses dans lesmains , deux ans auparavant, de couper a la dé-robée deux yeux de la plus belle variété; il lesavait greffés avec le plus grand succès, et il avaitreçu la messagère de la duchesse à lombre desdeux hybrides de llosni, sujets plus beaux sanscontredit quaucun de ceux que possédait Madame.La plupart des gens qui soccupent de fleurs,le font plus par vanité que par amour, plus pour les montrer que pour les voir. Leshorticulteurs, jen excepte bien peu , n'aiment pas les fleurs. Quelques-uns plantentdans les cailloux un dalhia (lincomparable, bordée de blanc) pour assurer ses pana-chures; dautres ôtent toutes les feuilles à un camélia. M. P***, à la rentrée desBourbons, guillotina les impériales de son jardin; les violetles, mêlées aussi a la po-litique, ont été exilées par Louis XYlll, et plus tard amnistiées. M. de Castres , com-mandant du château des Tuileries , a fait une consigne contre les œillets rouges.Pendant plusieurs années, après la révolution de juillet, les lis ont disparu des jar-dins royaux. Nous respectons par dessus tout les passions et les bonheurs, mais lapassion des horticulteurs nest pas réelle.

ALPHONSE K.ARR.