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Tome second.
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LA DEMOISELLE DE COMPAGNIE.

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nouvelles, et maintenant la lectrice est seule au monde , car son entêté de père estmort en lui laissant sa bénédictionet des dettes. Chaque jour la lectrice sat-tend à voir revenir létranger, mais létranger ne revient pas. Il sest marié deversles bords de lOrénoque, avec la fille dun riche planteur de la Guyane , qui luia apporlé*en dot cent cinquante nègres et mille arpents de rocou et de tabac.

11 nest pas rare que la lectrice, à force de faire de lélégie, à force de regretter etde se lamenter, parvienne a intéresser à son sort quelque général goutteux, quelquenoble reste de lempire, pensionné et décoré, dont la vieillesse a besoin de soins etdaffection. Et voila notre héroïne mariée; la voilà, elle aussi, titrée, riche. Ilélas ! cedénoûment nest pas tout à fait celui du roman quelle avait échafaudé. Le général estvieux, exigeant, malingre, un peu bourru, très-bourru; et il parle bien souvent delempereur.- Et voila notre Indiana toute trouvée. Quelle différence ceût été, si notrelectrice eût épousé le jeune et opulent Américain!

Heureusement il y a toujours quelque part un neveu, mauvaise tête et joli garçon,qui arrive à point nommé de sa garnison pour offrir des consolations à la femme deson oncle. Règle générale : les fils de famille et les neveux, sont un terrible voisinagepour les demoiselles de compagnie.

On pourrait renverser la proposition et dire avec plus de justesse encore, que : « lesdemoiselles de compagnie sont un voisinage des plus dangereux pour les neveux et lesfils de famille. »

Nous nous proposions de clore ici cette étude ; mais nous nous apercevons à tempsquune dernière variété manque a la présente monographie, variété importante etsans laquelle notre travail demeurerait incomplet. Descendons rapidement les éche-lons sociaux, et nous rencontrerons quelque part la demoiselle de compagnie associée,type exceptionnel, sorte de Bertrand femelle placé comme le complément indis-pensable dun luxe menteur : la demoiselle de compagnie, meuble de prix, meubledemprunt, qui impose aux badauds comme les somptueuses devantures de nos mar-chands et leurs précieux comptoirs dacajou. Toute maîtresse de tripot a sa demoiselledecompagnie qui laide à faire aux provinciaux les honneurs du lieu ; cest léter-nelle association de Macaire et de son ami Bertrand retournée au féminin.

La demoiselle de compagnie quon vient de voir nest pas exempte dambition. Ellerêve aussi, elle, un avenir brillant, des titres, un carrosse, une loge à lOpéra! Elleattend chaque jour lAméricain souhaité. Mais, hélas ! moins heureuse que la lectricedont nous parlions tout à lheure, en fait de colonel de lex-garde, notre associée nasous la main que le baron de Wonnspirc ; elle aime mieux se faire veuve, et, avecdes protections, elle arrivera, nen douions pas, à se créer un sort quelconque, uneposition sociale : quelque jour nous la verrons ouvreuse de loge, par exemple, ourevendeuse à la toilette, ou maîtresse de labié dhôte, ou chercheuse de remplaçants;à moins que dici la sixième chambre ne seu mêle, auquel cas la présente biogra-phie ne suffirait plus à nos lecteurs, et nous serions obligés de les renvoyer de la col-lection des Français à celle de la Gazette des Tribunaux '.

CORDELLIER. DeLANOUE.