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Tome second.
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LE NOTAIRE.

prudence ; mais ces assemblées aboutissent toujours à desdéjeuners dominicaux, payespar les amendes encourues. On y parle beaucoup, chacun en sort persistant dansson opinion, absolument comme à la Chambre, mais il y a le vote de moins.

La se termine la première incarnation. Le jeune homme s'est façonné lentement,il a eu peu de jouissances : les clercs sortent tous de familles plus ou moins labo-rieuses, où leur enfance a été sans cesse rebattue de ce mot : Fais fortune! Ils onttravaillé du matin au soir sans quitter l’Etude. Les clercs ne peuvent se livrer à au-cune passion, leurs passions polissent l’asphalte des boulevards, elles doivent se dé-nouer aussi promptement qu’elles se nouent, et tout clerc ambitieux se garde bien deperdre son temps en aventures romanesques ; il a enterré ses fantasques idées dans sesinventaires, il a dessiné ses désirs en figures bizarres sur son garde-main, il ignoreentièrement la galanterie, il tient a honneur de prendre cet air indétinissable quiparticipe à la fois delà rondeur des commerçants et du bourru des militaires, quesouvent les gens d’affaires outrent pour se faire valoir ou pour élever par leurs ma-nières des chevaux de frise entre eux et les exigences des clients ou des amis.

Enfin, tous ces clercs rieurs,-gabeurs, spirituels, profonds, incisifs, perspicaces,arrivés au principalat, sont a demi notaires. La grande affaire du maitre clerc estde donner a penser que sans lui le patron ferait de fameuses boulettes. Il ty-rannise quelquefois son patron, il entre dans sou cabinet pour lui soumettre desobservations, il en sort mécontent. Il est beaucoup d’actes sur lesquels il a droit devie et de mort, mais il est des affaires que le patron seul peut nouer et conduire; gé-néralement, il est a la porte de toutes les confidences sérieuses. Dans beaucoup d’E-tudes, le premier clerc a un cabinet qui précède celui du patron. Ces premiers clercsont alors un degré d'importance de plus. Les premiers clercs, qui signent pp al et s’ap-pellent entre eux mon cher maître, se connaissent, se voient et se festoyeidsans admettre d’autres clercs. Il est un moment où le premier clerc ne pense qu’ atraiter, il se faufile alors partout où il peut soupçonner l’existence d’une dot. 1*devient sobre, et dîne il deux francs quand il n’est pas nourri chez le patron, >1affecte un air posé, réfléchi. Quelques-uns empruntent de belles manières et se don-nent des lunettes afin d’augmenter leur importance, ils deviennent alors très-vis)"leurs, et dans les ménages riches, ils lâchent des phrases dans le genre de celle-ci : « J’ai appris par le beau-frère de monsieur votre gendre, que madame votre liH eest rétablie de son indisposition. » Le maître clerc connaît les alliances bourgeoises,comme un ministre français près d’une petite cour allemande connaît celles de tousles principicules. Ces sortes de premiers clercs professent des principes conservateurset paraissent extrêmement moraux , ils se gardent bien de jouer publiquement à i abouillote; mais ils prennent leur revanche dans leurs réunions entre maîtres clercs,qui se terminent par des soupers bien supérieurs a ceux des dandies, et dont le dé-nouement leur évite de jamais faire aucune sottise sentimentale : un premier clercamoureux est plus qu’une monstruosité, c’est un être incapable. Depuis environ un edouzaine d’années, sur cent premiers clercs, il en est une trentaine emportés par I edésir d’arriver, qui abandonnent l’Etude, se font commanditaires d’entreprises indus-trielles, directeurs d’assurances, hommes d’affaires, ils cherchent une charge sans h"