LE CROQUE-MORT. 123
"«aut des grandeu 1 % et des clioses humaines portent immanquablement à l’insouciance*1 à la frivolité. — Quand on commerce chaque jour de la mort et de son appareil,ou prend bien vite les hommes et la terre en pitié. — On sent que la vie est comte,011 veut la remplir. — Avant d’être mangé, on veut se repaître. Avant d être bu,011 Veut boire.— Et Ton devient nécessairement anacréontique et libertin. Bavaid11 eu t pas été quinze jours aux Pompes sans devenir un freluquet ; et si Napoléon•ai-mème avait été seulement trois jours croque-mort, il n’eût pas porlc le sceptre
rooiule.
mais la batte d’Arlequiu. — Toute plaisanterie , toute antithèse à part,
ancienne gaieté française avec sa grosse bedaine et ses petits mirlitons, fleurit vrai-encore dans quelque coin du globe, croyez-le bien , je vous le dis en vérité,
dusi T;aient
es t aux Pompes funèbres assurément. — C’est la que les tréteaux de Tabarin sontve en fourrière. — 11 n’y a plus que l'a que Mornus agite ses grelots. — Ainsi0 |^ Ss ) e y rs l es fermiers de l’entreprise (car depuis le décret de l’an XII, les mortst,.-, 6 * e m ‘ s en f e rme comme les tabacs), que vous vous représentiez noyés dans la■ ,Stesse et bourrés d’épitaphes, sur Dieu et l’honneur ! sont au contraire de bons etyeux drilles, de francs lurons, prenant tout au monde par le bon bout et menantpaiement la vie ! ce sont tous plus ou moins d’aimables chansonniers, ce sont tousu Peu près d’adorables vaudevillistes ! Ayant ainsi tout il la fois le double mono-l e e . C * u boulevard, du Palais-Royal, de la foire et des catacombes. — Et quandS0lr , ils nous ont fait mourir de rire , le lendemain ils nous font enterrer !
. ëauclie en entrant dans la cour, non loin des bâtiments do l’administration, ilx *ste, comme dans un roman de madame Radcliffe, une chambre vaste et mystérieuse,lei mée à
secretje île
1 a tout profane et qui se nomme, je crois, la salle du conseil. C’est l'a, dans cere fuge, que messieurs les fermiers se rassemblent joyeusement chaque jeudi,
sais sous quel vain prétexte, et que, tout en fumant le Havane, ils se plaisent aCo, »Poser, dans l’abandon le plus voluptueux, a travers un feu roulant de lazzi et dejj es j leurs agréables ouvrages, leurs piquants refrains et leurs doux pipeaux. —^®Puis dix ans Bobèche n’a pas dit un mol, Turlupin n’a pas joué une parade,et Ue so ' en * P art * s de ce dernier asile de la muse de Piis et de Barré, de Panarde Sedaine. — C’est Ta la source unique où la scène aujourd’hui s’abreuve et“''mente.
daines
■ Flonflons et fre-
C’est la , dirait Odry , l'embouchure île la scène.fout se fait là!
c 'liai, USS ' ' Cs i ouls de première représentation, passé cinq heures, n’y a-t-il plus unaux Pompes, n’y a-t-il plus âme qui vive aux cimetières. Vous seriez Jupiter en^e, ou M. de Monlalivet, que vous ne pourriez vous faire inhumer. — Tous,
d e S °j eill<s ) cochers, croque-morts, tous, depuis le dernier palfrcnier jusqu’au chefeqs ont r t
’ tc iuipages, depuis le concierge jusqu’au garde-magasin , tous en grande tenue
éunis sous le lustre avec les romains du parterre. — Et Dieu sait 1 enthousiasme
f,ui le s possède et les palmes immortelles qu’ils assurent à leurs patrons!!!
Cet i vous semble peut-être exorbitant, pyramidal, colossal, éléphantiaque ! que
Sa, s-je? Et vous ne pouvez sans doute vous résoudre à croire que le vaudeville et les
0l hpes funèbres soient deux choses si parfaitement liées, qu’elles boivent au mêmePot -
«t nui
oogent clans la même écuellc. Vous en faut-il des preuves'!