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Tome second.
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L12 CROQUE-MORT. 127

Vlce ordinaire, deviennent bien vite insuffisants; il faut alors avoir recours a des'Oninies et a des bêtes de louage, et c’est alors que le croque-mort et le cocher de•accroc apparaissent sur l’horizon.

Le croque-mort de raccroc se fait avec tous les portiers d’alentour et les décrot-Leurs qui se trouvent sous la main. Mais quelquefois la pénurie est si grande ( Dieu vousSmde en celte occurrence de passer dans le faubourg !), qu’on vous arrête au passage.

" foulez-vous gagner trente sous? » vous dit-on, et sans en attendre davantage onv °Us entraîne, et bon gré mal gré, l'on vous force, comme on force dans un incendiea faire la chaîne, à endosser le frac funéraire. Chaque cortège alors forme une dé-'•cieuse mascarade! C’est à pouffer de rire! c’est à éclaler dans sa peau! On prendns les magasins les premiers haillons venus. Un pantalon qui lui entrera jusqu’auxc P a ules et une houppelande gigantesque tomberont en partage a un petit homme rac-° orn ‘, tandis qu’un portefaix herculéen aura un habit que vous prendriez poursa Çravale. — On raconte que M. Buhver, fut ainsi raccroché un jour (s’imaginant®Léir à la loi d u pays, l’honorable touriste se laissa faire), et que miss Trollope a yant par hasard aperçu derrière un corbillard, dans un accoutrement des plus gro-j® s fiiies, le trouva si bouffon, si comical, si wliimsical, qu’elle se pâma d’aise,a, ûiable aventurière, et tomba de sa Hauteur a la renverse. — Avec chaque attelage

supplémentaire , le loueur de chevaux fournitaussi un homme d’écurie; celui-ci on l’affubleen cocher, et je vous prie de croire que cen’est pas le moins récréatif! Vous imaginez-vousl’allure dégagée de ces bas-normands fourrés dansde hautes bottes h manchettes, dans d’énormes ca-saques à la française, et vous figurez-vous leurgrosmuseau de polichinel coiffé d’un chapeau aqui-lin , a l’angle duquel pendent tristement en ma-nière de crêpe les derniers vestiges d’une loque.

Les cochers de corbillard titulaires sont en gé-néral d’une essence plus éthérée que les croque-morts, quoique pour la boisson ils soient leurspairs et qu’ils aient comme eux leur doubleodeur ; non pas cette fois, le cadavre et l’alcool,mais le vin et la litière. — L’histoire de ces bonnesgens, c’est l’histoire de bien d’aulrcs, c’est l’his-toire du cheval de fiacre. — Ce sont d'anciens ser-viteurs de grandes maisons, de maisons royalesmême , qui après avoir été ravagés par l’âge et lemalheur, après avoir perdu cheveux et chevance,de condition en condition arrivent enfin à celledernière. Leur Westminster a eux, c’est liicêtre!c’est Bicêlrc le gracieux Panthéon où , quand ilsl°utà fait hors d’usage, la patrie reconnaissante les envoie se coucher! Mais ce

BIMUVrt.se,

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