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Tome second.
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L'INVALIDE.

22 J

r de iuncItes ii un seul verre... Ali! il relit les Moniteurs de laGrande Armée . II paraît qu’il aurait une superbe envie de dor-mir; il bâille et se détire les bras et les jambes comme si qu’il enavait... Il pose la tête de dessus son traversin...Tiens, il oublied’éteindre sa lumière... Qu’est-ce qu’il fait la, ilse gratte le nez... Non , y retire ses lunettes. Oh!en vTa une soignée !... il vient de mettre son nezsur la chandelle... une éteignoire d’argent: plusque ça de genre!... VTa qui dort!... Bonsoir...

— « Allons, en v’I'a encore un sans bras qu’a la manie de se lescroiser sur la poitrine pour ressembler h son empereur.

— « Et celui-là, où qui va donc? Ab! il est aveugle et y mar-che comme un éclairé. Ce que c’est que l'habitude! y régale lescamarades... Il est don plus riche qu’eux... Eli! oui, puUqu iln’a pas besoin de sa ration de chandelles, il la fond en peliI

verres...

— « De quoi, de quoi? qu’est-ce que c’est? où qui vaavec son briquet ce manchot-là? Tiens, y sort del’Ilôlel... Ah! il est de garde au coin du feu dansune guérite de parterre... En v là pour sa nuit dansles démolitions: y s’y connaît un peu à cet état l’a,lui qu’a été démoli toute sa vie... Tiens, y vient derencontrer un autre manchot, son ami intime, sonbras droit... qui lui est toujours d'un fameux con-seil pour la consomption de l’omelette... mais les con-seilleurs sont pas les peillieurs... Y s’disent adieu ,que chance! A eux deux y z’onl juste ce qui leurfaut de bras pour se serrer la main... Où qui va,celui-ci? Ah! y va inspecter l’impôt des sous du pont del’Université...

— « Ab I v’Ià le père la Joie: y joue à la marelle avec desmoutards, il est à cloche-pied, sa jambe de bois sous la moi-tié du bras qui lui resle...

En v’ià, j’espère, des soignés d’abîmés, qui ne sont passi feignants que des tout entiers!... Honneur au couragemalheureux, respect aux braves... J’vas battre aux champspour les vieux restes de l'armée française. Oh ! là, N I ni, c’estfini. Passe-moi ma recette, une goutte et une croûte... Salutla société !... Merci du pourboire... »

A. IiORENTZ