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Tome troisieme.
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LE SEMINARISTE.

vicieuses. Ces dernières s’y trouvent heureusement en petit nombre. Aussi nous nouscontenterons de signaler leur existence. Nous appelons vulgaires ces jeunes gens d® 1 'l’esprit est épais, le cœur sec, l’intelligence grossière, les séminaristes de cette tre®P cne sont ni heureux ni malheureux. Ils ne sentent rien, ils ne comprennent rien ; d sne connaissent pas la portée de ce qu’ils font et de ce qu’ils voient faire. Ils na ’perçoivent dans l’exercice du sacerdoce qu’une série de pratiques mystérieuses, decérémonies inintelligibles. Ils croient aveuglément à tout ce qu’on leur enseigné -sans réflexion, sans examen. Ils récitent du bout des lèvres des prières subli® eSdont ils ne soupçonnent pas le sens. Ils ne font pas le mal, mais ils ne font pas I ebien. Incapables de s’appliquer à l’étude, ils recherchent avec empressement lesfonctions manuelles dont l’exercice leur est abandonné par leurs camarades. H spassent leur temps a ployer et a reployer les linges sacrés. Ils aiment a plisser l esaubes, les surplis, les rochets, les nappes d’autel. Ils font volontiers l’office de ^ e 'deaux, de sacristains, de tapissiers, de lingères et de repasseuses. Us placent la c' redans les flambeaux, ils allument les cierges, ils disposent les tentures, ils arrange 111avec symétrie les vases sur l’autel les jours de fête. Ils possèdent la théorie de l’ artd’encenser a la grande et a la petite chaîne. Ils ne manquent jamais de se lever, des’agenouiller, de s’asseoir à propos durant les offices. Enfin ils connaissent à f° nl’étiquette des chœurs et font à merveille le service des sacristies.

Mais a côté de ces êtres insignifiants nous trouvons aussi, et en grand nombre-des jeunes gens laborieux et intelligents, aimant à s’instruire et a penser. C eUXla sont pieux avec discernement, ceux-là sentent et comprennent. C’est par® 1eux que nous choisirons un type. Même, si vous le voulez bien, nous baptiseroi> snotre séminariste, et nous l’appellerons Louis Benoît. Louis est un brave je u ° ehomme, animé de bonnes intentions, aimant Dieu , et s’acquittant ponctuelle®® 11de tous ses devoirs. Son enfance s’est écoulée dans le presbytère d’un oiicl e )curé d’un village de Bretagne . Louis est entré fort jeune au séminaire ; aussi c®asyle respectable lui tient-il lieu de foyer paternel. Il n’en sort qu’une fois par se 'maine, pour se promener avec ses camarades; et tous les ans, au mois d’août, P° uraller passer les vacances en Bretagne . Il n’entrevoit le monde qu’a cette époq ue 'pendant six semaines, et encore son monde à lui, c’est le presbytère d’un petit ha-meau. Louis remporte chaque année tous les premiers prix de sa classe ; il expli‘I ueTacite a livre ouvert, et sait par cœur plusieurs chants de l’Iliade. Car dans les se® 1naires l’étude des langues anciennes est portée aussi loin que dans les collèges roy aUX 'Benoît est très-fort en histoire, c’est-a-dire qu’il possède parfaitement la conn®^sance des faits et des dates. Mais ne lui parlez pas de la philosophie de l’histoire) 1ne se doute même pas qu’une telle science puisse exister. Quant aux événements q®se sont passés en Europe depuis -1789, Louis n’en a qu’une idée très-vague; car il n aeu entre les mains que le résumé orthodoxe du révérend père Loriquet. Il a comp r,spar la lecture de cet ouvrage qu’il y a quelque cinquante ans la populace de Paris s estrévoltée contre son légitime souverain, a brisé les grilles des couvents et souillé les® 1tels. Il sait qu’un officier de fortune appelé M. de Buonaparte a châtié les jacobin arouvert les églises et a essayé de s’asseoir sur le trône de saint Louis ; mais que sa ® a '

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