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Æ SEMINARISTE.
se prosterner la face contre terre; puis, ayant appelé sur le jeune ordinand l’intc r 'cession des saints et des anges, il lui fait toucher la patène et le calice, le revêt de | adalmatique, et lui met dans la main le livre des Épîtres. C’en est fait, désorffl a,sBenoît ne s’appartient plus : il est mort au monde. Il a fait vœu de célibat, ilenchaîné pour toujours. Il a renoncé sans hésiter aux joies terrestres.; il a pronusavec confiance de porter jusqu’à la mort une croix dont il ne connaît peut-être P aStout le poids. Plus il approche du sacerdoce, plus son ardeur religieuse augmente,il lui tarde de s’engager plus avant dans la carrière des sacrifices ; il redouble de fer-veur et de zèle a l’étude, et se hâte de se préparer au diaconat. Il subit avec em-pressement toutes les épreuves auxquelles sont soumis les sous-diacres, et il v0ltarriver avec joie le jour où il doit s’attacher a l’église par de nouveaux liens.
Après trois mois d’attente, Benoît est ordonné diacre, et l’évêque lui remet l’étole etle livre des Évangiles. Le diaconat est le second des ordres majeurs : c’est le degré q 111conduit immédiatement au sacerdoce. Dans les premiers temps, et surtout au quatrièmesiècle, les diacres étaient fort puissants, et un grand nombre d’entre eux préféraient res-ter toujours diacres que de devenir prêtres : c’étaient eux qui administraient lesbien*des églises. A l’époque où l’on-conférait le baptême par • immersion, il y avait d epieuses femmes appelées diaconesses qui étaient chargées d'instruire et de baptiséles néophytes de leur sexe. Elles avaient soin des pauvres et des malades, et surveil-laient les églises du côté où étaient placées les femmes. Les diaconesses devaient êtreveuves ou vierges. Elles recevaient l’imposition des mains, et étaient consacrées avefdes cérémonies assez semblables a celles qui accompagnent l’ordination des diacres-Depuis le douzième siècle on ne trouve plus de diaconesses dans les églises d’Occ 1 'dent. Aujourd’hui il est d’usage que ce soient les prêtres qui administrent le baptêm 6,le diacre n’a le pouvoir de baptiser qu’après en avoir reçu la permission spéciale 'I el’évêque de son diocèse.
A peine ordonné diacre, Benoît écrit au pape pour obtenir une dispense d’âg e > elpour devenir prêtre avant vingt-cinq ans. La dispense est accordée en termes Au-teurs pour le jeune diacre ; et, quelques semaines après, Benoît reçoit la prêtrise-
Ainsi finit le séminariste. Il embrasse l’état ecclésiastique, sans connaître ni l eSpeines, ni les affaires, ni les plaisirs du monde. Mais il a reçu du ciel un merveil-leux don, qui vaut bien la science : ce don, c’est la foi. Benoît a mis en Dieu une cou*fiance sans bornes. Dès ses premiers pas dans la vie, s’il lui arrive d'être surpris p afquelque péril inattendu, il se prosternera devant l’autel, et demandera au SeigneUtconseil et protection. Espérons que Dieu n’abandonnera pas son serviteur, et qu'ilsoutiendra dans ses pénibles fonctions. Cependant si jamais Benoît venait à faiH ,raux rigoureux devoirs de son ministère, alors, au lieu de lui jeter la pierre, afi eZ ason secours, prodiguez-lui vos soins et vos consolations. Souvenez-vous queprêtres ne sont que des hommes comme nous. Souvenez-vous que leur nature esfragile comme la nôtre, et que c’est Dieu qui l’a ordonné ainsi. Si Dieu eût voulu fi ueles prêtres fussent au-dessus de l’humanité, n’eût-il pas envoyé ses anges pour des-servir ses temples sur la terre ?
J. J. Prévost.