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LA DEMOISELEE DK COMl'TOl!!.'
'ccovoii- l.c reste, pour être susceptible de trop de commentaires, peut parfaitementSe passer de développements. C'est dans cette classe privilégiée qu’il convient pcul-<> * , " e de placer la demoiselle de comptoir, parée de ses plus riches emblèmes.
Il en existe une autre dont la physionomie se confond avec celles des femmes decommerce proprement dites et qui se distingue par des aptitudes plus spéciales, parI e >itente réelle et souvent très-étendue des intérêts qu’elle représente. Ses appoin-tements peuvent s’élever jusqu’il 1,200 francs, ce qui prouve suffisamment que l’ah-ne gation est encore une des conditions de son existence. Le patron la consulte surl ps achats qu’il doit se permettre, et s’en rapporte a elle de tout le détail de la maison :Ce la doit s’entendre du commerce en général, et comprend même au delà. C’est deCe type profondément étudié qu’on devra partir, pour établir la supériorité délini-l|y e du génie de la femme sur celui de l’homme.
Ici ne faut-il pas en effet admettre, au préalable, que le commerce puisse devenir'• lui seul une passion ; cette passion absorber toutes les autres, imposer silence h tousl ,îs intérêts de la femme et surtout à son intérêt, inspirer tous les talents qui suppo-S(!| d le travail et le talent ; exclure l’idée de calculs personnels au milieu de la scienceI" plus compliquée des affaires d’autrui, et consentir encore à n’avoir qu’une bienfuible idée de cette demoiselle de comptoir.
H suffirait peut-être de saisir quelques traits de cette physionomie, pour obtenirUl *e expression du commerce et de la bourgeoisie qui manque encore à une époquebourgeoise et commerçante. Voulez-vous connaître le secret d’une vocation réelle,<lr dente et positive tout à la fois ? 11 est tout entier renfermé dans cette personnilica-h°n élégante et essentiellement parisienne : la demoiselle de comptoir, qui ou-l,|ie ce que les femmes n’oublient jamais , d’être belle, pour être tout entière à son
commerce.
Faut-il maintenant s’étonner qu’un commerçant mette son orgueil dans ses at-tires, quand une femme place sa vanité, sa beauté, sa coquetterie, tout ce qu’ellePossède de puissance et de force, de mérite et de talent dans celles d’un autre , quiPs t son maître par-dessus le marché.
Femmes de lettres, mes sœurs, tandis qu’un éditeur (à part M. Curmer, notre pro-v Hlence actuelle), s’en rapporte à la postérité pour s’acquitter envers vous , des dia-mants tombent de la plume de la demoiselle de comptoir; elle bâtit sur l’indienne,le foulard, le mérinos, la toile à très-bon marché des maisons de six étages, dont elle'' apercevra même pas le frontispice. Elle écrit dans la prose de M. Turcaret, de cesvaleurs qui ont à la Bourse un cours bien plus prodigieux, ma foi, que les plus su-l'iimes rêveries des poètes contemporains. L’or est une poésie, et il n’y a rien de plus'cttré que les billets de banque. La demoiselle de comptoir aurait son auréole, si elles avail compter pour elle-même ; mais elle est aux appointements dans la maison'lu’elle fait mouvoir du centre à la circonférence, et ne s’associe pas même à lal°rtune qu’elle a faite. Elle est elle-même tenue en partie double et vu sa modestie,' e seul article du magasin dont elle ignore la valeur.
En général, la vogue qui s’attache à la demoiselle de comptoir, estime servitude( l«guisée; elle est indifféremmenl génie des châles, des modes, du pot de pom-