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Tome cinquieme.
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LXXVIII
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Les laits dominants résultant du laldean ci-dessus sont les suivants :

lin 18H>, sous l'empire d’une taxe qui frappait de 5 fr. à l’entrée chaque tète de heladétranger, 1° la consonnnalion en viande, dans les villes, était de 50 k. 73 h. par individu. I.aconsqmuialion en viande de bœuf seulement était de 18 k. 2 h. ; 2" le prix des 5 hect. de viande<m moyenne deO f. il c. ; 5° le droit prélevé par l’octroi par kilog. de viande, de 0 f. 03 c. I m.

En 1820, sous l’empire de la même taxe, 1" la consommation dans les villes s’élève à 52k. 24 11 ;en viande de bœuf à 18 k. 8 h. ; 2" le prix des 5 liect. de viande n’est plus que de 0 f. 40 c :5“ cependant le droit -prélevé par l’octroi s’est élève à 0 f. 03 c.

En 1855, sous l’empire d’une taxe de 53 f. à l’entrée sur chaque tète de bétail étranger gras oumaigre, 1° la consommation n’est plus que de 50 k. 42 h. ; en v iande de bœuf seulement à 17 k.

7 h. ; 2” le prix des 5 hect. de viande s’est élevé à 0 f. 42 c. 3 m. ; 3° le droit prélevé par l’oc-troi à 0 I. ()(> c.

Eu 185G, la consommation est encore descendue à 30 k. 40 h.

La consommation totale pour /ont le imjmime était évaluée, en 1789, pour une population de23 millions d'habitant , de 24 k. 20 h.

En 1842, pour une population de plus de 5-4 millions d’habitants, elle est en moyenne de 19 70.

Avant l’application du droit de 55 f. par tête de bétail étranger, il entrait 28,000 bœufs enFrance , ce qui, en kilogrammes de viande, donnait 8,204,000 k. de viande, soit 1k 77 h. par indi-vidu dans les villes.

I) après la loi douanière de 1821, l’imporlalion est descendue à 4,300 tètes, soit en kil. de viande1,518,300, ou par individu 0 k. 27 h. Ainsi l'importation étrangère fournissait à la consommationde chaque habitant des villes un supplément de I k. 50 h. de viande dont il est actuellement privé.

Le renchérissement de la viande, en 1855 ne saurait cire entièrement attribué à l'augmentationdu droit d’octroi; celte augmentation, par rapport à 1820, n’étant en moyenne que de 1 c., cequi porterait le prix de la viande à 0 f. 41 c. au lieu de 0 f. 42 c , on doit donc en chercher lacause dans la diminution de l'approvisionnement, diminution toujours croissante, puisque laconsommation n’est plus que de 50 k. 40 b. en 1850, et qu’elle a encore décru, selon toute pro-babilité, si l’on en juge par ce qui se passe à Paris et dans les grandes villes du Nord et de l'Est.

Un second fait remarquable à l'appui de l’opinion que la production, en France , n'rst pas enrappor t avec les besoins, c’est que, d’après les documents statistiques de 1850, les éleveurs nepeuvent livrer’ mutuellement à la consommation que 512,848 bœufs, et que nous en consom-mons un surplus de 170,301 qui sont enlevés à l’agriculture.

En admettant comme démontre que la production est insuffisante en France , il faudrait exami-ner si celle insuffisance n’est que passagère, si elle ne tienlqu’a des causes momentanées, et si, parconséquent, on peut espérer que, dans un délai rapproché, l'élève du bétail augmentera pro-portionnellement aux besoins : or, nous ne le pensons pas. La France manque de bétail parce queson système agricole est mauvais et ne saurait être iIrangé de longtemps. En effet, nous avonsune agriculture céréale, et c’est une agriculture fourragère seide qui pourrait favoriser l’élèvedu bétail en même temps qu elle doublerait ion en céréales. Or, bien loin que la France

s'engage dans celte voie de progrès, elle augmente annuellement ses ensemencements en céréales,et le nombre d’hectares dont elle accroît ainsi le domaine arable est pris en grande partie surcelui des prairies artificielles ou naturelles II faut reconnaître en outre que la latitude méridio-nale et la nature sablonneuse du sol des départements d’une partie de la France s'opposent à cequ’il soit donné foule l’extension désirable à la culture des plantes fourragères. Il est une autreraison pour que l’approvisionnement en viande subisse une diminution progresive en France c'est le morcellement croissant de la propriété, et par conséquent la substitution de la petite à lagrande culture, qui seule est compatible avec l’élève des bestiaux. On a encore remarqué que l'ab-sence de capitaux rend chaque jour plus précaire l’industrie des éleveurs, et les oblige à engraisserprématurément, c’est-à-dire de livrer à la consommation des produits imparfaits, parce qu'ils n’ontpas de ressources qui leur permettent d'allemlre pour les bêtes bovines un développement sufli-

a d. Dé là une perle d’engrais considérable, de là également une destruction rapide du trou-peau destiné à l'alimentation de la France .

S'il en est ainsi, si les causes de rinsuflisance de notre approv isionnemcnl en viande sont plutôtpermanentes que passagères, il nous semble indispensable de recourir dans de certaines limites à