s
l’armée.
n’ose espérer que l’avenir égale jamais la splendeur du passé. Comparez cepen-dant les vieux compagnons de Napoléon avec les généraux de la génération con -temporaine, et le parallèle sera peut être à l’avantage de ces derniers. Vous verrezà la tête des légions de la grande armée des hommes d’un vaste talent naturel,d’une bravoure surhumaine, et dont l'Empereur exigeait plus d’obéissance que despontanéité; vous verrez la plupart peu savants en théorie, mais développés par lapratique, rarement appelés à concevoir" souvent sublimes dans l’exécution. Nosgénéraux n’ont point hanté tant de champs de bataille que leurs prédécesseurs,mais ils savent ce que ceux-ci pressentaient; ils possèdent à fond tout ce que donnel’étude, tout ce que l’instruction ajoute au génie. Riches d’idées, altérés d’appli-cation, une fois sur le terrain, ils étonneront le monde par les combinaisons lesplus hardies. Les fruits de leurs méditations n’attendent pour mûrir que les pre-miers feux des combats.
CORPS ROYAL D’ETAT-MAJOR.
Le corps royal d’état-major, formé par la fusion de celui des ingénieurs-géo-graphes avec des officiers instruits de toutes armes, est sous la direction immédiatedes hauts dignitaires dont nous venons de parler.
Le cadre en est fixé, pour le pied de paix comme pour le pied de guerre, à cinqcent soixante officiers, savoir :
Trente colonels ;
Trente lieutenants-colonels ;
Cent chefs d’escadron ;
Trois cents capitaines ;
Cent lieutenants '.
A quoi sert, direz-vous, ce nombre prodigieux d’officiers sans troupe y L’élal-inajor n’est-il point une arme exclusivement réservée aux favoris et aux protégés,une superfétation nuisible à l’armée et onéreuse au budget? La constitution de cecorps, au contraire, en ouvre l’entrée à tous. Le moindre soldat, en passant lesexamens requis, peut entrer aux écoles où se recrutent les officiers d’état-major. Cecorps forme un faisceau de lumières, d’idées, de connaissances, qui éclairent lejugement et fixent l’indécision des chefs. « On peut le regarder, dit Rocquancourt,comme les yeux et les jambes des généraux. » La multiplicité des fonctions de cescinq cent soixante officiers démontre l’élendue de leur savoir, la variété de leuraptitude, l’utilité de leurs services. Une quinzaine, à la disposition du ministredes affaires étrangères, remplitdans les ambassades une mission analogue à celled’attachés. Sept composent l’état-major du ministre de la guerre ; six autres, sousla présidence d’un colonel de l’arme, adjoints à la commission scientifique de
1 Ordonnances îles 6 mai ISIS, 10 déremlirc t82fi. 22 février IK3I, 23 février iS5S.