L’A H MUE.
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la faveur et du népotisme. S’il est tracassé par l’ambition, jaloux de présenter augénéral un régiment bien tenu, il harcèle les soldats, les accable de revues, doublela durée des exercices fixée par les règlements à deux heures. Zélé sans exagéra-tion, dominateur sans despotisme, sévère sans rigueur, un bon colonel sait veillera la discipline et à l’instruction des troupes, tout en leur épargnant d’inutilesfatigues, et attend avec calme l’avancement qui lui est dû.
Les corps changent presque de physionomie au gré du colonel ; la manière dont ilenvisage le service se fait sentir dans la vie journalière des soldats. Quelle que soitl’inflexibilité des règlements militaires, il dépend toujours du chef d’en modifierl’exécution. Pourquoi voit-on tant de femmes à la suite de ce régiment? c’est quele colonel les tolère. Si elles sont au contraire sévèrement bannies de l’enceinted’une autre caserne, c’est qu’un colonel insensible en interdit sévèrement l’impor-tation.
Le lieutenant-colonel 1 remplissait sous l’Empire les fonctions de major d’aujour-d’hui; c’était lui que les soldats appelaient le gros-major. Actuellement, son utilitén’est pas incontestable : ou c’est l’instrument passif de son supérieur, ou il enusurpe l’autorité. Dans le premier cas, il est presque inactif ; dans le second il nuitau service par une hostilité patente ou mal dissimulée.
Le grade de chef de bataillon 2 3 est le premier échelon qui mène aux hautes di-gnités de l’armée. Du moment qu’un capitaine l’a obtenu, il commence à entrevoirle généralat, le bâton de maréchal cesse même d’être chimérique à ses yeux; il en-tre dans le grand monde, fréquente les salons des députés et des autorités consti-tuées, converse presque familièrement avec les colonels et les généraux : il a le pieddans l’étrier. Sa conduite envers lé colonel a parfois une grande influence sur sonavenir, et son avancement se ressent de son plus ou moins de prévenance envers sonchef.
L’intendant du régiment, le major, vérifie les comptes et les états de solde, dressele tableau d’avancement, surveille l’administration intérieure des compagnies.Quand les troupes partent pour une expédition lointaine, il demeure au dépôt avecle trésorier, tous deux provisoirement privés de gloire et condamnés a une exis-tence bureaucratique. Le major sp résigne; il calcule, examine, rédige, écrivasse,avec la patience laborieuse d’un commis du ministère, car le temps approche où,mûr pour le grade de lieutenant-colonel, il partagera de nobles chances avec sesvieux compagnons d’armes.
1 insignes : Epaulettes à graine d’épinards, dont les torsades sont en argent quand celles des épaulettes
du colonel sont en or, et vice versâ.
3 Insignes : Épaulette à graine d’épinards à gauche.