L’ARMEE.
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talon garance , <1 un chapeau de soie et d’une redingote. La plupart ne se contententpas de cultiver un seul instrument, et l’on voit des clarinettes de première force surle violon.
Les musiciens de l’ancienne armée n’étaient que des croque-notes, comparative-ment aux nôtres. Nous possédons des chefs de musique qui arrangent habilementen marches les airs des opéras nouveaux, et sont même des compositeurs habiles.Un gymnase musical a été créé, où, sous la direction de M. Carafa, des soldats,choisis à cause de leurs talents spéciaux, apprennent assez de musique vocale etinstrumentale pour devenir des Meyerbeer , s’ils en ont l’étoffe.
La partie de l’armée que nous venons d’étudier en détail a des mœurs différentesde celles de la masse. Prenons maintenant une recrue par la main, entrons avec elleà la caserne, assistons a sa transformation morale et physique.
CONSCRITS ET TROUBADOURS.
Lorsqu’enfSUI, une recrue arrivait au corps, elle tombait au milieu de durs-à-cuïre , qui, transplantés de contrée en contrée, avaient rompu tout pacte avec l’im-piété de la vie bourgeoise. Avant qu’elle atteignît leur degré d’héroïsme, de callosité,de détachement des choses terrestres; avant qu’elle n’eût plus d’autre famille quele régiment, elle devait passer par de rudes épreuves. On la bernait, on la provo-quait, on ne lui épargnait ni les leçons, qu’elle écoutait humblement, ni les coups de
sabre, qu’elle rendait sans usure, et il luifallait mentem sanam in corpore sano pourrésister a l'initiation.
Les gens entre lesquels la recrue con-temporaine vient prendre place sont can-tonnés sur le sol de la patrie, perdent àpeine de vue leur clocher ; correspondentavec leur famille toutes les fois que l’exigentleur amour filial et l’état de leur bourse,et sont en communication permanente avecdes bourgeois. Le pied, bleu, comme onl’appelle, n’est donc pas trop dépaysé ; ilne prête pas longtemps à rire par sa gau-cherie, son embarras et la grotesque façondont il plante son bonnet de police enarrière, le gland perpendiculaire a la racinedu nez. Effarouché d’abord par l’aspect plusque sévère du vieux grognard qui com-L. mande la manœuvre, il finit par reconnaître
OP.