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Tome cinquieme.
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1/A KM El-.

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f l l,c celle rude écorce cache un naturel liane, généreux el bienveillant. Il voitdans l’usage universel du tutoiement une marque de fraternité plutôt que de dé-dain. Ses camarades l’accueillent avec bienveillance, et profitent seulement de sonsommeil pour mettre en pratique d’anciennes charges toujours nouvelles. Ainsi,harassé des fatigues de l’instruction, le pied bleu dort paisiblement. Soudain, il

se sent tiraillé par le pied ; il s’étend, entr’ouvre les yeux, les referme, éprouvede nouvelles secousses, se débat, est en proie a d’affreux cauchemars, et se réveille,3 sa grande surprise, les jambes pendantes sur le carreau. Pour amener ce résultat,on lui a noué autour de l’orteil une ficelle dont l’autre extrémité a été attachée aulit de la rangée parallèle. Un voisin perfide, prenant en main le ballant de la corde,a opéré une traction qui semblait venir d’en face. Cette plaisanterie s’appelle lemoine, nom enfantin de la toupie, qui obéit à la ficelle comme la recrue en cettecirconstance.

D’autres fois, quand le guerrier néophyte sommeille sur les planches d’un corpsde garde, on lui graisse la superficie de son soulier avec du suif, sur lequel on ap-plique un large morceau d’amadou allumé. Le suif fondu traverse le cuir, et la vic-time, réveillée en sursaut, gambade avec la gracieuse pétulance d’un Calabraismordu par une tarentule.

Quelques mois encore, et le conscrit, par sa tenue, démentira les inventions

pseudo-comiques des rimeurs de chanson-nettes, habitués a le ridiculiser sous lesqualifications de Jean-Jean et de piou-piou. En entrant au service il appréhen-dait la guerre ; il s’ennuiera de ce qu’onne la fait pas, et, s’animant au récit descampagnes, brûlera d’échanger son inac-tion contre les glorieux dangers qu’ilignore.

La recrue trouve dans le troubadourno complaisant instituteur, qui lui ar-

OP.

range son fourniment et le met au fait

L.

du service, sans espérer d’autre récom-pense qu’une goutte qu’il n’exige jamais.Le troubadour a deux ou trois chevrons,indiquant chacun huit années de service.Il s’est accoutumé dès longtemps à fairefaction a la pluie ou au soleil. Il se dis-tingue par la longueur de ses moustachesH'dses, et sa propreté exemplaire, quoiqu’il enfonce au hasard son bonnet dePolice, sans examiner si, conformément a l’ordonnance, le gland vient tomber3 u-dessus de l’œil droit. 11 possède a fond toutes les rubriques du métier, toutesle s légendes des chambrées, toutes les chansons militaires; il a la science du bienet du mal, et sait l’art de se divertir, sans jamais dépasser les colonnes d’Hcrculev. «