L’ARMEE.
S4
PIED DE GUERRE.
PIED DE PAIX.
HOMMES.
CHEVAUX.
HOMMES.
CHEVAUX
Ofliciers.
Sous-ofliciers, caporaux et soldats.
Lofants de troupe.
03
(515
12
141
58
849
12
Total gê;néum..
(388
141
919
L’emploi des pontonniers est de jeter (les ponts de campagne, les ponts lises étantdu ressort du génie. En temps de paix, leur service est facile et presque nul. Chan-geant tiès-rarement de garnison, ils se mêlent à la population bourgeoise, qui nemanque jamais d’assister a leurs manœuvres comme a une fête. Ils s’organisent auxenvirons de la caserne un ménage légitime ou illégitime, iis s e pol-bouillassent,comme disent les soldats; et quand, par aventure, ils sont appelés à quitter la ville,les gémissements des femmes, des enfants, des amis, composent un douloureuxconcert.
En temps de guerre, les fonctions des pontonniers sont brillantes et périlleuses.Napoléon faisait cas de ce corps, qui se dévoua pour le salut de l’armée au passage dela Bérésina. Nos troupes approchent d’un fleuve; l’ennemi, campé sur la rive oppo-sée, les décime par les feux de son artillerie. La nôtre y répond, pendant que lesvoltigeurs, traversant "les eaux sur des barques, engagent une vive fusillade. Le ca-pitaine des pontonniers fait mettre à flot les nacelles. Les pontonniers s’embarquent,exposés au feu de l’une et l’autre armée. La précision de leurs mouvements, leuradresse à manier la gaffe et la rame, leur inébranlable sang-froid, sont d’autant plusadmirables que les balles et les boulets pleuvent sur eux de toutes parts. Ils laissentdériver les nacelles, après avoir jeté l’ancre en aval de l’endroit où l’on doit établi''le pont. Le corps-mort, poutre sur laquelle se placent les premières poutrelles, estlixé contre la rive occupée par l’ennemi. Des madriers, posés transversalement si"'les nacelles, forment le tablier du pont, et sont recouverts de poutrelles assujettiesavec des cordages. L’armée délile sur cette route tracée au milieu des eaux. Mais quede victimes parmi les héroïques travailleurs !
Les mœurs douces des pontonniers se représentent dans les compagnies d’ouvriers
d’artillerie. Elles ne sont point enrégimentées, et ne quittent point les ateliers. Efl eSsont ainsi réparties : deux a Metz ; deux à Grenoble ; une a Douai ; une a Rennes }deux b Auxonne ; une à Strasbourg, et une a Alger . Chaque soldat touche, outre sasolde, une rétribution proportionnée à ses œuvres, et se laisse vivre sans bruit, sansambition, sans péripétie, le moins militairement possible.
Chaque compagnie d’ouvriers, commandée par quatre officiers, est formée, sur lepied de guerre, de cent sous-ol'liciers et soldats, et un enfant de troupe ; et sur le pie* 1