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L'ARMÉE.
ment sous le boisseau : point de société, point de vie intellectuelle, point d’occasionde briller. L’imagination de l’exilé travaille sans qu’il ait aucun confident de sesrêves. La régularité torpide de ces lieux contraste douloureusement avec l’agitationfiévreuse de son âme, et il ne tarde pas à succomber à la pléthore intellectuelle.
Le soldat du Génie est posé, actif, studieux. Pendant que les fantassins traînentleur oisiveté de rue en rue, lui s’exerce à creuser des tranchées, suit assidûmentles cours des écoles régimentaires, institutions importantes dont le personnel secompose, dans le Génie, d’un clief de bataillon commandant, d’un capitaine ad-joint et de trois professeurs civils. N’ayant point de chevaux à panser, comme en al’artilleur, a moins qu’il n’appartienne à la compagnie des sapeurs-conducteurs, I esoldat du génie a le temps d’apprendre la grammaire, l’écriture, les mathématiques,le dessin, tant au sein des écoles qu’auprès des officiers et sous-officiers qui fontgratuitement ce qu’on appelle des cours cle degrés. Souvent, paysan inculte en en-trant au service, il se fait inscrire pour l’école, où il est tenu dès lors d’assisteraussi régulièrement qu’aux appels, et, se dégrossissant graduellement, il se rend,à force de travail, digne des grades les plus élevés.
Comme on a reproché au soldat du génie de ne savoir tenir que la pioche, r il seperfectionne dans le maniement de l’arme blanche et du fusil. Le sapeur, qui, I efront couvert d’un pot en tête, la poitrine garantie par une cuirasse, vient d’avan-cer le boyau de tranchée, devient tirailleur s’il est surpris par les assiégés. Des sol-dats du génie ouvrent une route à travers les montagnes; l’ennemi arrive, ils jet-tent la pioche et la pelle, et font des feux de peloton avec autant de précision q° eles meilleurs grenadiers.
GENDARMERIE. FONCTIONS. EFFECTIF. CONDITIONS D’ADMIS-SION. SERVICE. GARDE MUNICIPALE. VOLTIGEURS CORSES.
Les corps que nous venons de passer en revue défendent la France contre l’ e 'tranger; celui dont nous allons nous occuper garantit la société des tentatives deses membres eux-mêmes. Veiller a la sûreté publique, prévenir les crimes, arrête 1 "les coupables, transférer les prisonniers, escorter les fonds de l’état, avoir l’œil su*les vagabonds, déjouer les complots, dissoudre les rassemblements, voilà l’office dela gendarmerie, héritière directe de la maréchaussée d’autrefois. C’est l’auxili a > rearmée de la magistrature, Yuliima ratio de la Justice et du Pouvoir, la planchede sauvetage des gouvernements en péril. 11 est des circonstances où un offi c ‘ erde gendarmerie ébauche la besogne du procureur du roi, reçoit les plaintes et t eSdénonciations, entend les témoins, visite les papiers du prévenu, décerne un ni» 11 'dat d’amener. Le salut d’une commune, d’un département, de l’état même, p e,|tdépendre d’un simple maréchal des logis, qui, après avoir éventé une conspirât! 00