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Tome cinquieme.
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L’A K M K Ë.

seuil des hôpitaux, un jury sévère interroge ceux (pii frappent à la porte, et repoussesans pitié les indignes. Comme l’initié antique, le chirurgien-élève, à chaque pasqu’il fait dans la carrière, est soumis à de nouvelles épreuves; il a des examens àsubir pour passer de la première division dans la seconde a l’hôpital d’instruction ;pour entrer au Val-de-Grâce ; pour être reçu chirurgien-sous-aide. La durée du ser-vice dans chaque grade est limitée; le diplôme de docteur en médecine est exigede l’aspirant au grade d’aide-major. Les fonctions les plus importantes sont la ré-compense de ceux qui ont obtenu les premières places dans les concours, et les offi-ciers de santé parcourent différents degrés, de manière a être attachés successive-ment, selon leur mérite, aux hôpitaux ordinaires, aux ambulances ou hôpitauxd’une armée active, aux armes spéciales, aux hôpitaux militaires et aux postes séden-taires de l’intérieur.

Certains vieux chirurgiens que nous a légués l’empire éprouveraient peut-êtrequelque embarras, s’il leur fallait entrer en lice scientifique avec notre active etintelligente jeunesse. Brusquement enlevés à leurs études pour être envoyés auxarmées, appelés a tailler bras et jambes avant d’avoir approfondi l’anatomie, ils sontparvenus glorieusement peut-être, mais sans examen, sans concours, sans avoirà sou-mettre leur bagage de connaissances médicales a l’inquisition d’un jury. Aussi regrel-lent-ils l’époque où il suffisait d’être brave et zélé, sans qu’on eût à faire preuve d’uneinstruction solide. Ils sont fanatiques de Napoléon : ils ont son portrait sous toutesles espèces, peint, gravé, lithographié, dessiné, en pied, en buste, de face, de pro-fil, et leur idolâtrie s’étend à tous les membres de la famille impériale. C’est chezeux surtout qu’on trouve des feuilles du saule de Sainte-Hélène, des poils de h'queue du cheval que l’empereur montait à Waterloo , et autres reliques du hérosque déifient les vieux soldats.

Le chirurgien-major, qui se fait appeler d’ordinaire M. le Major, est le person-nage médical le plus important d’un régiment. Non-seulement il envoie les maladesh l’hôpital, mais encore il propose des mesures d’hygiène, inspecte la nourriture,empêche les hommes de s’enrhumer en descendant le cou nu dans la cour, distribueaux imprudents les recommandations et les réprimandes, arrête les indispositionsdès leur début, et s’entend avec les chefs pour conserver la santé du régiment.

Le matin, le caporal de semaine erre de chambrée en chambrée, réveille en sur-saut les dormeurs en criant d’une voix terrible : a Personne de malade? » et s'es-quive, poursuivi par ceux qui sont tentés de répondre a son interrogation.il se rend chez le sergent-major, y prend le billet de santé qu’il porte au corps degarde de police, après avoir inscrit les noms de ceux qui doivent passer à la visi ,edu chirurgien-major. Tous les billets de santé sont déposés sur la fable du corps degarde, ou placés par le factionnaire entre la baguelte et l’extrémité supérieure ducanon de son fusil.

Le chirurgien-major paraît sur les huit heures et examine les candidats à l’hôpil al -Il lui faut une certaine dose de perspicacité pour distinguer les véritables maladede ceux qui, las du service, simulent une indisposition. L’un en se meurtrissant hcoude contre le mur communique à son pouls des battements irréguliers; l’aut 1 *