LA MARCHANDE DE POISSON.
ans notre insatiable désir de voir et de connaître)nous allons quelquefois bien loin à la recherche despeuplades échappées à l’œil indiscret de la générationqui nous a précédés. Avons-nous fait la découvertede quelque tribu de montagnards ou de pécheurs,nous nous empressons, après une étude minutieuse,d’en raconter l’histoire, d’en décrire le costume etles usages. Les mœurs et le vêtement d’un insulaireexcitent notre enthousiasme; nous éprouvons unevive satisfaction à.mesurer la distance que la civil 1 'sation et l’Atlantique ont mise entre nous et l’objet de notre curiosité. Et cependantéchappent chaque jour à notre attention des classes populaires, vivant sous nosyeux, habitant notre sol, notre cité, qui n’ont ni nos mœurs, ni nos habitudes,parlent, pour ainsi dire, une langue différente de la nôtre, et forment depuis dessiècles une caste à part, un État dans l’État. Une des plus nombreuses de ces classes,et des plus dignes d’être étudiées, est sans contredit celle qui se consacre à la ventedes poissons, des moules et des huîtres.
Ce n’est pas que la halle , séjour ordinaire de cette classe intéressante, n’ait eu de
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