LES CENS DE MEK.
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C 0 N C L U S I 0 N.
Eu dépeignant les gens de mer, nous avons plus recherché à mettre en relief leshommes, qu’a décrire les épisodes qui se présentent dans leur vie; nous ne noussommes point arrêté a la description du combat, ni a celle du naufrage, ces deuxgrandes péripéties de l’existence maritime : la première, pour laquelle la marinemilitaire est toujours prête, et qui est la base de toute son organisation intérieure ;la seconde, qui est la chance mauvaise de tous, et contre laquelle ils se raidissentincessamment. Le rôle de combat qui assigne à chacun ses fonctions et son postependant l’action est pour les navires de guerre la clef de toutes les installations deservice intérieur. C’est la classification primitive de l’équipage, qu’on subdivise d’a-près elle en plats et en escouades; les matelots dorment et mangent, font leur quartet travaillent a laver ou à nettoyer le bâtiment en vertu de rôles qui découlent dul'ôle de combat. Quand le moment est venu, dès que la générale se fait entendre,chacun vole à son poste, les petites armes sont distribuées, les soutes a poudre sontouvertes, le passage des projectiles et des blessés est disposé à l’avance, les gabiersont leurs fonctions dans la mâture, les canons sont ilanqués de leurs servants; iln’est plus de bras inutiles, tous sont employés a la fois : en quelques minutes onest prêt à faire feu. Un silence profond succède au tumulte de ces préparatifs, l’onattend le premier commandement avec impatience. Dès que le canon se lait, si l’onveut l’abordage, les hommes qui y sont destinés monteront seuls; tout est prévu etcalculé, chacun sait ce qu’il aura a faire dans tous les cas possibles. La vie habituelleen temps de paix comme en temps de guerre est subordonnée a l’attente du com-bat. De même, les précautions humaines sont toujours prises contre le naufrage,les ancres sont parées à mouiller, et si le bâtiment est en rade, les voiles ne tien-nent qu’à un fil. En mer, comme dans une baie, l’on veille jour et nuit ; aux moin-dres apparences de mauvais temps, l’on est prêt à ôter prise au vent, à diminuerde toile, à tout serrer; à dépasser les mâts, s’il le faut. On sait que le naufrage estla qui menace sous la forme de la tempête, quelquefois sous celle du calme : uncourant perfide peut entraîner le navire vers un danger inévitable. Dans ces gravescirconstances apparaît la plus belle qualité des gens de mer, le sang-froid ; le sang-froid, lorsqu’on lutte a la fois contre les ennemis et les éléments; le sang-froid,lorsqu’on dispute son navire ou sa vie aux plus fatales puissances de la nature.
Les dénoûments souvent terribles, souvent glorieux des drames dont l’Océan etses rivages sont journellement le théâtre, ont rendu si poétique l’existence de ceux‘loi y jouent courageusement leur rôle, que certains esprits en ont été frappés jus-flu’à l’engouement. Ils se sont enthousiasmés des marins, les ont vus à la surface, etont porté sur eux des jugements hasardés. La mode s’est mise un jour à la marine,la brise du large a soufflé sur Paris même, et nous avons eu des productions mari-âmes de tous les genres, les costumes de matelots ont fait rage dans les bals mas-'loés et sur les théâtres ; enlin, sous les ponts de la Seine , lorsque l’été ramène lesParties de bateau, l’on rencontre de jolies embarcations années de sémillants ra-