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demeures sonl de vasles maisons a deux étages dans lesquelles on a, comme dansdes casernes, amoncelé les chambres les unes sur les autres, et où le mineur, em-pilé à peu de frais et grâce a un petit coin de terre qu’on lui donne, trouve assez decharme pour se fixer définitivement ; il en fait son endroit d’adoption. (Ces casernessont toujours aune légère distance du lieu d’exploitation, pour que le mineur quiaurait envie de transporter chez lui quelques blocs de charbon y regarde à deuxfois à cause de celle même distance. ) Le mineur français est stationnaire ; il tienta son trou et voyage peu. Cette passion casanière lui fait perdre de l’avanlage surles mineurs allemands et piémonlais : ces derniers voyagent beaucoup, et par làacquièrent une foule de connaissances pratiques qui leur font donner la préférencesur les nôtres. Lorsque le mineur devient vieux, qu’il tremble, s’affaiblit, et que sesmains et ses pieds ne peuvent plus s’assurer aux échelles, on ne fait pas commedans la plupart de nos ateliers, on ne le renvoie pas; mais on cherche a la surfacequelque tâche peu rude, telle que le roulage de la brouette, la garde d’un puits, lasurveillance de certains ouvriers, et, a son grand regret, on l’y utilise. Je dis a songrand regret, parce qu’avant tout le mineur a la manie de sa profession : c’est avecreligion qu’il l’aime. Vous ne le verrez jamais ni la changer ni la quitter. Quelquestraitements qu’on lui fasse supporter, quelques rudes relations qui lui soient im-posées, il est fils de la mine, il reste dans la mine. Pour quelques rares et courtstravaux, on emploie quelquefois le mineur à la surface, eh bien! il lient tellementà son habitation souterraine, c’est tellement le sortir de ses habitudes que de le fairetravaillera la clarté du soleil, qu’il aime mieux 40 sous par jour, gagnés pénible-ment dans l’intérieur, que S0 qu’il serait astreint à gagner continuellement, etavec moins de peine, au dehors. Il est vrai qu’au dehors il n’a ni explosions, niéboulements, ni chutes, ni asphyxies a craindre... Que voulez-vous qu'il fasse audehors ?
Quanta l’instruclion du mineur, néant; il ne sait généralement ni écrire, nimême lire. Aussi ceux qu’une heureuse exception a gratifiés d’un passable griffon-nage, et qui, a leurs hiéroglyphes joignent une conduite régulière et de l’intelli-gence, sont-ils bientôt préposés à l’inspection, a la surveillance des travaux et à latransmission des ordres. Assez polis pour approcher convenablement du chef, etassez grossiers pour se populariser dans lamine, ils sont les intermédiaires entrel’ingénieur et les ouvriers. Ils prennent alors le titre de maîtres mineurs.
Les mineurs, quoique toujours réunis en grand nombre, donnent rarement desexemples d’insubordination générale; l’émeule ne fermente pas bien sous terre, linchef en viendra toujours facilement 'a bout, pour peu qu’il soit ferme, qu’il ait ledon de s’entourer d’un certain culte, ce qui n’est jamais difficile a la supériorité,et surtout qu’il possède l’art de les relever a leurs propres yeux de l’abjection danslaquelle ou prend comme à tâche de les traîner. Une révolte, du reste, amène l’ex-pulsion des révoltés. Pour les désobéissances individuelles, une législation ad hoc,qui embrasse depuis les amendes légères jusqu’aux punitions graves, en fait jus-tice. Ils sont, après tout, plus criards que méchants, et se laissent aisément muselerpar l’influence d’un mutin un peu entreprenant. Quelques exemples cependant ont