LE LANGUEDOCIEN.
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'Apposition. Les catholiques y voyaient un outrage à la religion ; les protestants appré-hendaient que ce spectacle ne produisît sur le peuple l’effet du rouge sur un lau-re au. La Juive a soulevé les récriminations des catholiques indignés de voir appa-l a *lre sur la scène les princes de l’Église. La représentation de Lucrèce Borgia a eu'les coups de poing pour intermèdes. Les passages dirigés contre le pape et les cardi-aux étaient applaudis par les proleslanls, siffles par les catholiques, et des rixess’ensuivaient.
Les dissentiments de partis se sont greffés sur les antipathies religieuses, et tendenta s’y substituer. Sans tenir compte du culte, les royalistes recherchent les royalistes,les radicaux s’allient aux radicaux. Plus d’un ouvrier, égaré par de fausses déduc-hons, voit des ennemis dans tous les riches, quelle que soit leur croyance. On laissede côté les dogmes pour discuter des théories sociales. La politique, agissant commedérivatif, prépare la guérison des esprits fanatisés.
La noblesse languedocienne reste en dehors de ce mouvement. Fidèle il la croixel aux fleurs de lis, isolée, mais influente et complée pour quelque chose, fournis-seuse infatigable du Côté Droit, elle garde opiniâtrement ses vieilles rancunes et sesv 'eilles prédilections. Son quartier général est Toulouse, l’une des villes de France 0,1 les parchemins ont conservé le plus de valeur. Comme les anciens capitonls,échevins de Toulouse , gouverneurs de In ville et chefs des nobles, étaient anoblispar l'élection :
Cil de noblesse n grand titonlQui de Toulouse est rapiloul;
'I en est résulté une interminable profusion de gentilshommes, qui ont bâti deshôtels en ville, des pigeonniers il la campagne, et, enfermés dans la carapace de leursMurailles de briques, fuient autant que possible le contact des roturiers.
Les Languedociens sont prédisposés a l’amour des distinctions et des litres parc etie forfanterie dès longtemps constatée, qui a valu â tous les méridionaux la dési-gnation métonymique de Gascons. Pour un Parisien, Languedociens, Provençaux, Bas-lies et Béarnais sont Gascons. Quiconque a l’œil vif, le teint brun, les cheveux noirs,* e nom en ac, parle autant avec les bras qu’avec la langue, dit adieu pour bonjour,et confond ensemble les labiales, passe inévitablement pour Gascon. Quand les vau-devillistes ont besoin d’un Gascon, ils le recrutent a Pézénas, ville du diocèse d’Agde ei Languedoc, ou à Carpentras , qui dépendait du Comtal Venaissin. Il existe en effetdes analogies sensibles entre toutes les populations du midi; mais l’orgueil, une de'eursqualités communes, est précisément ce qui les divise. Admirateur exclusif desa ville natale, chacun la chérit, la révère, l’exalte au-dessus de ses voisines, en choie^cs usages, en préconise les habitudes, en caresse les préjugés, en pose en principela suprématie. Les habitants de Toulouse , par exemple, la surnomment fastueuse-'lent la Romaine, la Sainte, la Palladiennc, la Rome de la Garonne , la ville desdeux mers. Toulonso, dira quelque grisel. és lé Paris deI miéjoun ! bilo célèbro,
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