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La foire de Reaueaire est encore importante, mais elle décroît chaque année. Quandles moyens de transport étaient difficiles, les marchands méridionaux consentaientvolontiers à payer cher ce qu’a grand’peine on leur apportait de loin ; aujourd’huiPresque tous vont en fabrique, ou trafiquent par correspondance et par l’inlermé-'liairc de commis voyageurs. Les fabricants n’obtiennent guère plus de leurs pro-•hiils rendus h Beaucaire que s’ils en effectuaient la livraison a Rouen, à Mulhouse ,a Ëlbeuf, àSédan, a Saint-Quentin . Aussi ne se soucieraient-ils point de grever leurbudget de frais de voiture, de port, de loyer, de nourriture, si le besoin d’écouler,cette plaie industrielle ouverte par le défaut d’harmonie entre la production et laconsommation, ne les décidait à braver les inconvénients multiples du voyage debeaucaire .
Beaucoup d’habitués de la foire, espérant échapper à la rapacité de la rive droite'lu Rhône, passent sur la rive gauche et demandent l’hospitalité a Tarascon ; maiscombien ils sont déçus dans leurs rêves d’économie! au proverbe vieilli Tomber deCharybde en Scylla, ne pourrait-on substituer: Tomber de Beaucairien en Ta->'nsconais ?
’l'arascon doit son nom a la tarasque, monstre fabuleux que sainte Marthe domptala croix à la main. En l’honneur de ce miracle fut instituée une fête qui a longtempseu lieu le jour de la Pentecôte et le lendemain de la foire de Beaucaire. On y pro-filait une tarasque de bois, peinte en vert et en rouge, dont l’énorme queue, mise,!| i mouvement par une corde, renversait les curieux trop imprudents. On se de-mandait le soir :
" Qu’a fea la larumt 1 '!
bn'a fait la tarasque