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Province. Tome second.
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LE NORMAND.

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Le caractère du Norinaud actuel ressort en entier de ces laits historiques. l- aCausse simplicité, l’amour de la chicane, l’âpreté au gain, les defauts dont on l’ac-cuse, ont résulté logiquement de ce que nous venons d’exposer. En essayant dele démontrer, prévenons nos lecteurs que nos observations portent sur la masse dupeuple plutôt tpie sur la bourgeoisie. Les individus qui ont eu l’avantage de s’en-nuyer ensemble sur les bancs de l’Université, qui voyagent ensuite pour leurs plai-sirs ou pour leurs affaires, ne tardent pas a devenir b ustes et sans couleur originale-Les prendre pour représentant d’un type national est une erreur que beaucoup depeintres de mœurs n’ont pas su éviter. N’avez vous pas lu souvent : « Le Français est léger, galant, libertin ; il porte avec grâce l’habit brodé, et ne se mêle d’affairesd’état que pour chansonner les ministres, etc. » Les écrivains qui ont dit cela n’a-vaient vu les Français qu’à la cour, n’avaient jamais regardé ni dans les ateliers nidans les fermes. Un naturaliste qui se proposerait de décrire les mœurs des singesprendrait-il donc pour objet d’études un jocko dressé à meltre un chapeau à troiscornes et à faire la voltige dans un cerceau?

DIVISIONS T E H 11 IT O KI A L E S DE LA NORMANDIE.

Le nom de Normand est encore, en dépit de la révolution, commun aux habitantsde la Seine-Inférieure, du Calvados, de la Manche, de l’Eure et dé l’Orne . Ce terri-toire a été successivement possédé par les Gaulois, les Romains, les ducs de Norman-die, les Anglais, et ce n’est qu’après la prise de Cherbourg , le 12 août I HO, qu’il 11été définitivement incorporé au royaume de France. Il était, lors de la conquête deCésar, habité par neuf peuplades, les Véliocasses, les Calètes, les Aulerces Eburo-vices, les Viducasses, les Loxoviens, les Iiaïoeasses, les Abricantes, les Sésuviens et lesUnelles. Les neuf civitates avaient pour chefs-lieux llholumagiis (Rouen ), Caleinm,depuis Julio, bona, (Lillebonne), Mediolannm Autercoruiu (Evreux ), Aragenus (Vieiix-lès-Caen), Noviomcigus Lexoviorum (Lisieux), Auguslodnrum (Rayeuxl, Ingetw(Avranches), Civilas Scmvïomm (Séez), et Cosedia , depuis Conslanlia (Coutances).

Les cités des Véliocasses et des Calètes dépendaient de la Belgique , et les autresde la Celtique . Les Romains en formèrent la seconde Lyonnaise, qui fut, sous lerègne de Clovis, enclavée dans le royaume de Neustrie . Quand les Northmans s’y éta-blirent, la dénomination de Neustrie était restreinte, et s’appliquait à la réuniondu Roumois (pugus rodomensis), du pays de Talon, du pays de Caux, du Veulques-sin, de l’Évrecin, du pays de Madrie, du Lesvin, du Bessin, du Cotentin , de l’Avren-cin, de l’Iliémois et du Corbonnais. La province cédée à Rollo avait soixante lieuesde longueur, de l’est à l'ouest, depuis Aumale jusqu’à Valogne , et vingt-cinq lieuesde largeur, du nord au sud, depuis Verneuil-sur-l’Aure jusqu’à l’réport. Devenue leduché de Normandie, elle se divisa en haute Normandie , à l’est de la rivière de Rives ;et en basse Normandie, à l’ouest. La haute Normandie, dont Rouen était la métropole,comprit le pays de Caux, le pays de liray, le Vexin normand, le Roumois, la cain-