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Province. Tome second.
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semaine sainte, qu’on appelle dans le Iîessin et le Virais semaine preneuse ou cubât'

A Rouen, du mercredi des cendres a Pâques , on boulange beaucoup de petits l wlltssans levain, dits clieminaux, qui ne figurent point sur les tables aux autres époquede l’année. Pendant la semaine preneuse, des chanteurs, munis d’aigres violons, v(1lltde maison en maison entonner de pieux cantiques dont la passion de Notre-Seignc' 11estle sujet, et demander la paschré, c’est-a-dirc de l’argent et des œufs. I.e dimanchedes Rameaux, le curé met solennellement le buis bénit a la croix du cimetière, n ,alScomme le possesseur de ce précieux talisman est sûr de pouvoir faire autant ticbeurre qu’il voudra, a peine la procession a-t-elle tourné le dos, que vingt l»ra ss’allongent pour saisir la branche vénérée.

Le vent qui souffle au moment où le buis est attaché a la croix indique la naturedes récoltes de l’année. Suivant le côté d’où il vient, on aura des pommes, des four-rages, ou du blé en abondance.

Les vieilles gens assurent que, le vendredi saint, les œufs recèlent des crapauds-Dans quelques paroisses, à ténèbres, les enfants frappent avec des bâtons les paroisde l’église pour imiter le bruit du tonnerre.

Les processions, abolies dans les grandes cités, où les cultes se gênent tous, p 01 "que chacun d’eux soit à l’aise, sont encore en vigueur dans les villages normands. Leu>blanc cortège parcourt toujours, aux grandes fêtes carillonnées, un chemin bord®de draps blancs et de bouquets, jonché de feuillages et de fidèles agenouillés. Avant1830, elles présentaient de curieuses singularités. Ainsi, a Ëlbeuf , le devant d’autdde chaque reposoir était une planche couverte d’une couche d’argile, dans laquefi 0on avait fiché des (leurs naturelles pour dessiner un Saint-Esprit, la Croix, les instru-ments de la Passion, et autres emblèmes. Derrière l’autel montait une estrade aplusieurs assises, où l’on représentait des scènes mimées qui rappelaient les mystères-Par exemple, un oranger chargé de fruits s’élevait au sommet de l’estrade, et, aumoment de la bénédiction, une séduisante Elbeuvienne, juchée a côté de l’arbre au* ,pommes d’or, en détachait une qu’elle présentait a un jeune garçon : c’était unemblème du Premier Péché. 11 convient d’ajouter qu’Ève avait une robe blanche,qu’Adam portait un habit bleu de drap d’Elbeuf , une culotte de Casimir café-nu-lait et des bas de soie, vu l’impossibilité d’observer la fidélité du costume.

FÊTES DE LA SAINT-JEAN.

Les caudiots 1 de la Saint-Jean n’ont pas cessé de s’allumer annuellement,

24 juin, dans les villages de Normandie ; il en est même où le curé met de ses propresmains le feu au bûcher, et de bonnes gens affirment avoir vu distinctement le Saint-Esprit descendre au milieu des fiammes sous la symbolique ligure d’un ramier. H I

4 Feux clojoir. du latin fjandium