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Province. Tome second.
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L’AUVEKGN AT.

plus; niiiis le vendangeur doit être nourri, et c’est grâce à celle stipulation, s " 1laquelle, il faillie dire, le bourgeois s’exécute de lionne grâce, que le paysan élevaréellement h un taux fort élevé le prix de son travail. J’ai déjà eu l’occasion de bparler de l’appétit phénoménal du montagnard; mais ici cet appétit prend des d'mensions fabuleuses, et je me suis souvent surpris 'a considérer comme un speclaelel’incroyable rapidité avec laquelledisparaissent, sous sa dent, les énormes quarlieisé®bœuf, assaisonnés de pommes de terre, qui ce jour-lâ couvrent sa table, lit puis, il :l<l "vin à discrétion, du vin, sa passion favorite, tellement favorite, que lorsqu'il vient 1,11ville vendre son bois, ses bestiaux, ses légumes ou ses fruits, il consent a faire en-trer le don d’un verre de vin en déduction du prix de sa marchandise! Tu com-prends maintenant que l’époque des vendanges soit pour lui une des grandes eu-constances, un des événements le [dus impatiemment attendus de l’année. Ans* 1 'tant que dure la récolle de nos immenses vignobles, le montagnard reste en ville,couchant dans les granges, au coin des bornes, aux portes des maisons, et se réveillanl avant le jour pour aller chercher un travail si lucratif et si attrayant à la loi»pour lui.

Kn hiver, le paysan, qui n’a plus de grain à battre, plus de blé a vanner, plus éeprés à arroser, plus de troupeaux â parquer, travaille a quelques petits ouvragesd’oserie, a quelques joujoux d’enlants qu’il va vendre à Clermont , les jours <l cmarché. La femme lile le chanvre, les jeunes enfants vont ramasser le bois mort. I’ alles froids rigoureux, quand l’aboiement des chiens a signalé l’approche de quelquebande de loups affamés (et ils 11e sont pas rares dans celte partie de l’Auvergne ), 1 °montagnard s’arme de sa lourde carabine, qu’il charge avec de la vieille ferraille,et va s’exposer quelquefois à de graves dangers pour rapporter une tête de loupqu’il ira montrer dans les villages voisins, en réclamant, de porte en porte, quel-ques pièces de monnaie qu’011 11e lui refuse jamais.

Si, avec tant de constance dans le travail, tant d’économie, tant de perspicacitéà découvrir les moindres occasions de réaliser le plus mince bénéfice, mon pays ® 11ne réussit que rarement â se donner une véritable aisance, il ne faut cependantpas trop s’apitoyer sur son sort et le croire soumis, par exemple, à un jeûne con-tinuel. Sa nourriture, sans être très-substantielle, est suffisante. Pendant la semaine,ses repasse composent de fruits, de laitage et de légumes accommodés au beurre-Le dimanche est le jour de régalade ; le malin, la ménagère prend sur la claie, onil rancit depuis des mois entiers, un morceau do lard et une tranche de salequ’elle plonge, avec le plus beau chou du jardin, dans l’eau bouillante de la mar-mite ; elle y joint aussi quelquefois la maigre et dure carcasse d’une poule éli<l ,,c >dont l’infécondité a été depuis longtemps constatée. A son tour, le mari, ql’heure du dîner est venue, dépose sur la table, aux cris de joie des enfants, 0 ||Cbouteille de piquette ( petit vin) qui va dérider tous les fronts, faire danser la M f,r 'maille (les moutards) dans la cour, rappeler à leur mère quelque bonne chansondu vieux temps, et rendre le mari tout guilleret.