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Province. Tome second.
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L’AUVERGNAT. 219

gramme, les notes que j’ai recueillies sur les mœurs de leurs habitants, ou plutôtsouvenirs de jeunesse que ces notes n’ont fait que continuer, et je inc hâte do

•ticsle Jes

envoyer.

* " dois te rappeler certaine carte fameuse dressée, je crois, par le baron CharlesJu Pin, sur laquelle le degré de civilisation de chaque province de la France était'"dique par toutes les nuances intermédiaires entre le blanc pur, signe du progrès0 P'us avancé, jusqu’au noir sombre, image du plus complet obscurantisme. Sur

°^e carte, l’Auvergne est voilée par un épais nuage. Malgré mes patriotiques sus-dai * i e su ' s k* en obligé de convenir qu’en plaçant ainsi ma province natalet s Ul,e des zones les moins privilégiées, l’honorable sâvant ne lui avait pas fait une°P criante injustice. Il est même remarquable que la révolution de juillet, qui attiuniqué a peu près au reste du royaume une impulsion intellectuelle si éner-( lj' le ; n ’a pas eu ici une influence sensible. Cela tient à cette invincible opiniâtreté

''ostile l

i U nal urel auvergnat, le plus tenace dans ses allures, dans ses habitudes, le plusa tout esprit d’innovation que je connaisse. Quand je relis ce que les cliro-^aUeurs ou les auteurs de mémoires ont écrit sur le citadin auvergnat , je vérilie<| e C ’ S ° Us tous ,es ra PP orls essentiels, le temps n’a rien changé à la nature moraleCe t honnête membre de la famille française. Mais, ce qui mérite une mention^ 'culière, c’est la touchante unanimité desdits chroniqueurs ou mémorialistesI Ptédire de ma province, et surtout de sa capitale, qui la résume assez fidèlement.lèb^ U ' S ' nto *ârant, ' c P* us exclusif dans son antipathie pour l’Auvergne , est le cé-; iss G Cci ’ va * n des Oraisons funèbres, le classique Flécliier, auteur d’une histoire,' i|] ' CUl * euse du reste, des Grands Jours d’Auvergne. Son portrait de l’habitant dess est d’une exactitude que j’ai souvent eu l’occasion de vérifier, en y relrou-t r .. es traits principaux de ce caractère, tel qu’il s’est conservé de nos jours. CesS ij^ lts s °nt : une apathie tout orientale, quand la voix de l’intérêt personnel faitCe ; un égoïsme froid et railleur qui s’excuse de son insensibilité en expliquantS j^ u, t e, ucnt par des vices ou des fautes les malheurs qu’il ne secourt pas; une curio-Crue lle qui prodigue les commentaires piquants, et se joue des secrets des-spj '^. es ’ ma * s P a r-dessus tout une jalousie maladive, fiévreuse, dévorante, en con-atl ° n femelle contre tout ce qui sort de la foule, contre toutes les fortuneshic Sail ^ cs ou établies. Cette passion, je le répète, est l’attribut dominant, fonda-( | ni( d du caractère auvergnat dans les villes ; quand elle éclate, le citadin sorl() S ° U re P os > de son habituel; il a de l’énergie, de la hardiesse,

pl ( e ’aiatigable activité. Entre marchands surtout, l’envie va jusqu’à la haine laj es s mcurable ; on s’attaque sourdement, on se calomnie, on se déchire; tous«•«yens sont bons pour ruiner une clientèle rivale et l’accaparer. Un mariageint' 1 * annonc â dans une famille riche, les marchands que l’achat de la corbeille peut^ser siègent la porte des parents, leur boîte d’assortiments ou d’échantillons,.| la S le Aras, dénigrant sans vergogne leurs concurrents, offrant même leurs mar-d e " < '' ses a un rabais ruineux, plutôt que de laisser à un confrère une occasion''amp 116 Cl <le l’éi'élico. Si, malgré les mille manœuvres de la cupidité et de l’envie"nees, un de leurs confrères parvient à prospérer, il se forme «mire lui taci-