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Province. Tome second.
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L’AUVIiRGNAT.

quinze lieues carrées, une sorte de fourmilière d’hommes qui se mêlent, se croisents’agitent en tous sens, au milieu des cris de joie, des chansons joyeuses, des houn a ?et du bruit des armes a feu. De la ville, on entend un long et sourd murmure q 111se propage au loin dans la campagne et fait accourir les populations les plus élu'"gnées. Le soir, a la chute du jour, le coup d’œil devient magique; le coteau s estilluminé; munis de torches allumées, les vendangeurs courent, s’élancent, se d®'lient, se poursuivent, et se réunissent enfin sur le sommet de la vigne, où se f® 1 'ment des sarabandes immenses qu’éclairent au loin de vastes jets de lumière. AUretour, les chemins sont obstrués par une foule bruyante dont l’arrivée est a* 1loin annoncée par d’immenses et confuses clameurs où perce par intervalles le soudes cornemuses, des violons et des fifres.

Les sacrifices que s’impose le citadin auvergnat au prolit de sa table sont rache-tés par une extrême économie pour les objets les plus indispensables du conf° |1domestique. Aussi rien de plus triste à voir que l’intérieur de nos appartement?’L’acajou est encore pour nous un bois de luxe que nous remplaçons par le noyer etle merisier; et la lourde solidité de nos meubles est tristement compensée par l’in®'légance de leurs formes. Nos tentures sont des cotonnades blanches unies rou-lant lourdement sur des tringles en fer. Quant à ces ravissantes superfluités qUGà Paris , décorent vos cheminées et vos tables, cristaux, vieux-sèvres, chinoiserie,biscuit, terre cuite, stuc, bronze, marbres, tableaux, nous n’en soupçonnons p a ?l’existence. Peut-être même (j’ai honte de le dire) ne connaissons-nous que p alouï dire et comme quelque chose de fabuleux cette merveilleuse propreté flamandequi chaque jour lave, polit et vernit la maison entière, des combles à la porte d’en-trée. Sous ce rapport, uos intérieurs sont généralement négligés, et la tolérancedes maîtres laisse aux domestiques, dans ce détail d’hygiène privée, un laisser-aller qui a de graves inconvénients. Nos faubourgs sont en outre de véritablesfoyers d’infection. Des fumiers aux portes, mêlés à une boue demi-séculaire, de?animaux de basse-cour vaguant librement dans la maison et la rue, des enfants demi'nus jouant dans la fange du ruisseau : voila le spectacle qui frappe continuellenieiùnos yeux. Le citadin toutefois n’apporte pas au vêtement la même incurie; son linS®est blanc, et ses habits soigneusement brossés et époussetés. Dans la semaine, il !ldes souliers et un pantalon flottant; le dimanche, des bottes et des sous-pieds. C®qu’il affectionne surtout dans les diverses parties de l’habillement, c’est l’ampleur;peu lui importe l’élégance, l'habileté de la coupe : ce qu’il veut avant tout, c’est lapreuve, pour ses voisins, qu’il n’a pas lésiné sur l’étoffe; car, dans ce singuli® 1 'pays, un excessif amour-propre se joint il des habitudes invétérées de parcimoni®-et l’on se donne un mal énorme pour avoir au plus bas prix possible toutes les al'lures de la prodigalité. De la la longueur des habits que Ton peut diminuer, rog»® 1 'au besoin, et que Ton retourne au moins une fois ; de la, pour rappeler en passant m*autre exemple, le dîner des vendanges, où il est de tradition que les pièces dites derésistance soient multipliées, au mépris des lines et dispendieuses chimilication*culinaires. Le citadin auvergnat ne se résigne en outre que difficilement à quiG® 1les anciennes modes, et les vieillards s’autorisent tous de leur âge pour garder I®