LE FORESIEN.
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plaça la scène de sou roman sur les bords du Lignon, dans ce pays où l’iJ>*| 1est particulièrement une création fantastique. Aussi, peut-être le héros de [’Asli' ein’est-il nulle part ailleurs plus inconnu que dans le Forez . Céladon, né du g üll<français , italianisé sous la plume d’un homme de cour, fut la dernière exp 1 '^'sion de la galanterie française parée des mensonges de la poésie. Sous les lt' a,l! ’d’un berger naïf et tendre, Céladon, frère efféminé de don Juan, cache plus <1’""paradoxe du sentiment. Le Français , né galant, créa Céladon ; né malin, le Franc®" 1créa le vaudeville. A l’époque où Honoré d’Urfé livrait I ’ Attirée aux loisirs aristo-cratiques d’une cour galante et devenait le père des bergeries que le siècleLouis XV a fait revivre, Cervantes, ce mâle génie, sut allier le fond a la fon" e ’aux idéalisations de l’art une pensée philosophique et populaire, â l’atticisme d"l’esprit les enseignements de la raison. C’est ainsi que l’art a le droit de ment* 1 -Sans pousser plus loin un simple rapprochement entre un Espagnol et un França |S >disons seulement que si l’avantage reste au premier dans la comparaison de ces deuxromans de la même époque, YAslrée et le Don Quichotte , plus tard, nous auro' 1! 'Molière pour nous consoler.
Toutefois, Honoré d’Urfé n’est pas le seul écrivain qui ait parlé du Forez : ce i"" 1s’est rencontré sous la plume de Jules Janin à cause de Saint-Étienne et du Stépl ,a 'nois. Le style, c’est l’homme; croyez il cet axiome, car l’homme, c’est le p a !' s 'Jules Janin, dans le premier feu d’une inspiration native, a vu le Stéphanois , clplus tard, l’écrivain en possession des loisirs, du talent et de l’esprit, a vu Céladon-Saint-Étienne et Valbenoile avant Versailles et Trianon.
Saint-Étienne étant donné d’abord comme le point d’optique le plus imperia" 1de notre sujet, nous montre le Forésien tout entier h son œuvre, soit qu’il assou-plisse les métaux ou qu’il ourdisse la soie; que du lil le plus délié de la création dfasse une pièce de velours ou de rubans qu’il expédie partout, et d’un bloc de fer ""ruban laminé, destiné a être poli par la lime ou par la meule, au gré des besoins d"son industrie.
Saint-Étienne est le chef-lieu du département, Montbrison la préfecture. Saint-Étienne n’est donc pas la première ville du département, mais seulement la |d" sgrande et la plus importante. Est-ce a la lueur de son incendie nocturne, des pim 1 ’’’que le sol entretient sans frais, des volcans que le charbon alimente a sa surfa" 6,du gaz qu’il fabrique ou du soleil qui ne semble pas fait pour lui, qu’il faut vonSaint-Étienne? Plein du souvenir des vers de Virgile , qui bourdonnent une musiq'"très-adouciepar le rhylhme, on entre à Saint-Étienne , et la double fiction de l'an b' 1 ’des cyclopes et de l’épisode d’Aristée se change en réalité dans un atelier de soie 1 '"'et dans une boutique de forgerons.
Quant au Forésien, sou nom lui vient incontestablement de forum, dont le s""*principal est marché. Dans cette étymologie, nous trouvons a la fois l’origi» e ^ llForésien et le trait dominant de son caractère. Forum Segusianorum { Feurs) f" 1capitale du Forez sous les Romains. Bien que dans la langue latine le mot /b»'"'"ait une haute signitication politique et sociale, il est probable cependant que |e?transactions commerciales furent le lien dominant entre les peuples, et que les I" 6 "