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Le prisme.
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ALBUM DES FRANÇAIS.

Éphestion pris pour Alexandre par la mère de Darius;

Des soldats passant un gué ;

Des soldats au bivouac : deux d'entre eux courtisent une vivandière, lasciva puclla,qui les repousse faiblement.

Saint-Séverin offre une décoration analogue; seulement des cygnes, des canards etdes autruches, remplacent l’histoire d’Alexandre et les soldats au bivouac.

Les tapisseries de Saint-Étienne-du-Mont nous montrent la déesse Pallas et des tro-phées d’armes :

On ne s’attendait guèreA voir Pallas en cette affaire.

Le sépulcre est dressé sous une voûte sombre et surbaissée qui fait le tour de l’abside.Des lampes suspendues de distance en distance répandent dans cette galerie un demi-jourmystérieux; mais quand on aperçoit, entre des rideaux rouges, une croix peinte à fresquesur le mur par quelque ouvrier badigeonneur, on oublie l’importance du but, pour nesonger qu’au ridicule de l’exécution.

Le catafalque de Saint-Sulpice était autrefois dans un caveau pratiqué sous le chœur.Il est maintenant placé dans l’abside ; ce changement n’était point à désirer.

Notre-Dame-de-Lorette est élégante en sa douleur, éplorée avec recherche, gémis-sante avec coquetterie. La fenêtre d’une de ses chapelles est masquée aux trois quartspar un escalier, à l’extrémité duquel une croix noire se détache sur un drap d’or. Lesdegrés sont recouverts de serge et garnis d’une profusion de lauriers-roses, de bruyères,de camélias, de plantes exotiques; c’est moins un tombeau qu’une succursale du marchéaux fleurs.

Saint-Roch est depuis longtemps célèbre par son sépulcre de marbre, son calvaire deplâtre colorié, et sa gloire de bois doré.

C’est peut-être le catafalque construit à Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui est, nonpas le moins prétentieux, mais le plus imposant. Il occupe en entier le bras droit de lacroix. La partie supérieure de cet édifice, de velours rouge, forme un entablement d’unbeau style, d’ofi partent de longues et massives draperies. Les vases sacrés gisent éparssur l’autel, les cierges sont éteints, et une lampe cachée, dont on ne voit que la lumière,blanchit de pâles reflets l’or étincelant des calices.

L’impropriété ou l’insuffisance de ces décorations est facile à démontrer, et pourtantl’Église n’a-t-elle pas besoin plus que jamais de redoubler de magnificence, d’impres-sionner les masses, de toucher le cœur par les yeux. Durant le siècle dernier, la religiona été attaquée de toutes parts, par les philosophes et par les romanciers, et cette œuvrede démolition , poursuivie avec acharnement, n’a pas été sans résultats. Il importe donc,quand la foi décroît, d’appeler à son secours les beaux-arts, d’en prodiguer les séductionset les prestiges, de rendre au culte sa sublimité déchue, et de mettre les décorations exté-rieures à la hauteur des enseignements.

C’est ce qu’on a essayé de faire le Vendredi saint; mais l’indication n’a pas été rem-plie. La fête de Pâques est célébrée avec une majesté plus vraie. Le clergé de chaqueéglise est au grand complet, et vêtu de somptueux costumes. Les cloches bourdonnent,l’orgue emplit les voûtes d’un bruit harmonieux, les instruments retentissent dans lechœur, les hymnes montent éclatantes et prolongées; il semble que les temples s’ani-ment, et prennent une voix multiple pour chanter les louanges de Dieu .

Aucune circonstance ne réunit dans les églises une affluence plus considérable; mais,

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