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raient tons les jours les titres, le pouvoir, les honneurs qu’ilsn’ont jamais su mériter. Qu’ils retournent chez l’étrangervanter les hauts faits de leurs ancêtres, ou qu'ils prennentencore les armes contre la France ; ils ne sont point à craindre.Ils ne porteront plus atteinte à la liberté du peuple, à l'hon-neur des braves, à la prospérité et à la sûreté de l’Etat. Nouspourrons désormais, sans être en butte à leurs calomnies et àleurs ressentimens, montrer nos honorables cicatrices, parlerdes sacrifices, des victoires qui illustraient à jamais la France ,pendant que les moins coupables d’entr’eux vivaient dansl’oubli et faisaient des vœux pour l'anéantissement de laFrance . Nous pourrons désormais reprendre le rang que nousdevons avoir parmi les nations ; car si nous renonçons à leurdonner la loi, nous ne pouvons consentir à la recevoir.
Nous allons enfin jouir d’une paix honorable et solide, etcueillir le fruit de nos longs travaux, de nos victoires, de nosmalheurs; Napoléon dirigeant désormais son vaste génie, souexpérience, ses mûres réflexions et tous ses efforts vers la pros-périté de notre commerce, de nos manufactures, de l’agricul-ture, des sciences et des arts, nous promet de nous fairearriver à un degré d'élévation dont les annales des nations nefournissent pas d’exemple. S'il était un Français qui doutâtencore de cette vérité, qu’il se rappelle tout ce que l’empereurfit pour la prospérité intérieure delà France , lors même quela rapidité, l’étendue de ses conquêtes et de ses projets ap-pelaient son attention sur tous les points de l'Europe .
Habitans de la Ile division militaire, seriez-vous les derniersà vous livrer à ces transports de joie que la France entière afait éclater à la vue du pavillon tricolore, au retour du grandhomme qui vient combler tous ses vœux.
Habitans de Bordeaux ! bannisez les craintes que ceshommes séditieux, ennemis de leur patrie, de votre prospéritéet de votre existence se sont efforcés de vous inspirer, afind’armer le fils contre son père, le frère contre sou frère, desFrançais contre des Français , et faire de votre ville le foyer dela guerre civile. La belle âme de notre grand empereur a dé-joué leurs criminelles intention-. Ne craignez point ses res-sentimens: un père en a-t-il pour ses enfans ? et Napoléonpeut-il punir des Français ? Il a solennellement promis quetout ce qui a été fait, dit ou écrit depuis sou éloignementjusqu’à ce jour serait toujours ignoré de loi; mais il n’a pasoublié les témoignages non éqivoques que les habitans de lalie division militaire, et de Bordeaux sur-tout, s’empressèrentà lui donner tant de fois. Ces dons, ees offres, ces sennensque vous lui prodiguâtes, ne sont point perdus; ils sont tou-jours pour vous des titres à la bienveillance et à la protectionspéciale de l’empereur.