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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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MINISTÈRE DF.S AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

Circulaire adressée aux ambassadeurs, ministres et autres agensde France à l’extérieur.

Paris, le 30 Mars , 1815.

Monsieur, les vœux de la nation française n’avaient cessé derappeler le souverain de son choix, le seul prince qui puisse luigarantir la conservation de sa liberté et de son indépendance.L’empereur s'est montré, et le gouvernement royal n’existe plus.f\ l’aspect du mouvement universel qui emportait vers son mo-narque légitime, et le peuple et l’armée, la famille des Bourbonsa compris qu’il ne restait point d’autre parti pour elle que de seréfugier sur une terre étrangère. Elle a quitté le sol français ,sans qu’il ait été tiré un seul coup de fusil, ni versé une gouttede sang pour sa defense. La maison militaire qui l’accompa-gnait, s’est réunie à Bethune, ou elle a déclaré sa soumission auxordres de l’empereur. Elle a remis ses chevaux et ses armes ;plus de la moitié entre dans nos rangs ; les autres, en petit nom-bri, se retirent dans leurs foyers, heureux de trouver un asiledans la générosité de S. M. I. Le calme le plus profond règnedans toute l’étendue de l’empire. Partout un même cri se faitentendre: jamais nation ne présenta le spectacle d’une plus com-plète unanimité dans l’expression de sou bonheur et de sa joie.Ce grand changement n’a été l’ouvrage que de quelques jours.C’est le plus beau triomphe de la confiance d’un monarque dansl'amour de ses peuples; c’est en même temps l'acte le plus extra-ordinaire de la volonté d’une nation qui connaît ses droits et sesvéritables devoirs.

Les fonctions dont vous avait chargé le gouvernement royçdsont terminées, et je vais prendre sans délai les ordres de S.M. l’empereur, pour accréditer une nouvelle légation.

Vous devez sur le champ, Monsieur, prendre la cocarde tri-colore et la faire prendre aux Français qui sont auprès de vous.

Si, au moment de quitter la cour auprès de laquelle vous ré-sidiez, vous avez occasion de voir le ministre des affaires étran-gères, vous lui ferez connaître que l’empereur n’a rien de plus àcœur que le maintien de la paix ; que S. M. a renoncé aux pro-jets de grandeur qu’elle pouvait avoir antérieurement conçus, etque le système de son cabinet, comme l’ensemble de la directiondes affaires en France , est dans un tout autre principe.

Je ne doute pas, Monsieur, que vous ne regardiez comme undevoir de faire connaître aux Français qui sont auprès de vous laposition nouvelle de la France et celle où, d’après nos lois, ils setrouvent placés eux-mêmes.

(Signé) Cauuncourt, duc de Vieence.