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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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rons deux millions. (Les plus vives acclamations ont encoreinterrompu l’empereur.)

J’approuve, a-t-il ajouté, que vous ayez fait pour vous rallierdes drapeaux tricolores. Ce ne sera qu’au champ de mai et enprésence de la nation assemblée que je vous rendrai ces aiglesqui si souvent furent illustrées par votre valeur et virent fuirles ennemis de la France .

Soldats, le peuple français et moi nous comptons sur vous;comptez aussi sur le peuple et sur moi.

L’explosion de l’enthousiasme le plus exalté a suivi ce dis-cours et la revue s’est terminée.

Au quartier-général à Toulouse , le 4 Avril, 1815.A. S. Ex. le maréchal prince d’Eckmühl, ministre de laguerre.

Monseigneur,

J'ai reçu les ordres de l’empereur et les vôtres par le généralChartran, le 1er Avril courant. Instruit des événemens mer-veilleux qui s’étaient succédés si rapidement depuis le 1erMars, je n’aurais pas attendu les ordres pour donner à l’empe-reur une nouvelle preuve de mes sentimens ; mais je n’avaisautour de moi qu’un très-petit nombre d’officiers et de soldats.Le G9e régiment de ligne, et la majeure partie du 3e d’artil-lerie, et le 15e régiment de chasseurs, avaient été dirigés surdes points hors de mon commandement. Je me trouvais dansune ville de cinquante mille âmes de population, où la présenced’nn baron de Vitrolles , prétendu commissaire du roi, compri-mait le zèle des bons citoyens qui sont en très-grande majorité.M es forces étaient réduites à peu de chose, le baron de Vitrolles ajoutant aux siennes par des levées qui, quoique peu nom-breuses et mal commandées, lui procuraient toujours quelquescompagnies.

C’est dans ces circonstances que M. le comte de Damas-Crux arrivu à Toulouse ; il y fut bientôt suivi de M. le maré-chal Pérignon, que le duc d’Angoulême avait appelé au com-mandement de la 10e division. Cette nomination me parutsingulière ; mais tandis que M. le maréchal Pérignon recevaitfroidement mes communications, je me convainquis quecette froideur qui n'échappait pas au parti royaliste rehaus-sait sa confiance. J’en conclus que tout retard devenait per-nicieux.

Quatre compagnies d’artillerie qu’on avait désespéré d’at-tacher 4 une cause totalement perdue, revenaient de Nîmes sur Toulouse. Le baron de Vitrolles leur lit donner par lemaréchal Pérignon, l’ordre de rétrograder sur Narbonne .J’éludai cet ordre, et j’envoyai des officiers intelligens dire àces compagnies d’arriver à Toulouse le plus promptement pos-