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glant d’anarchie et de factions. Ces factions, déguisées sonsdifférentes formes, ont été toutes d’accord dans le système desacrifier la prospérité publique à leur propre conservation ; etse succédant l’une àjl’autre, elles avortèrent enfin de la tyranniede Bonaparte , et concentrèrent dans ses rnains l’arbitraire qui,juque-là, avait été exercé par plusieurs personnes à-la-fois.
A force de séductions, de supercheries et de violences, ce filsdes partis parvint à se faire proclamer Empereur par les peuplesde la France ; et favorisé par les succès de la guerre, il réussità se faire reconnaître pour souverain par différens Etats d’Europe ,qui cependant n’avaient pas le pouvoir d’altérer les principeséternels de la justice, et encore moins l’obligation de les main-tenir jusqu’à l’extrémité, au point de risquer l’indépendance etla conservation de leurs sujets, première considération de tousles gouvernemens. L’Espagne enseigna à tous les peuples l’art deperdre le perturbateur du monde, et, à son exemple, aprèsavoir étouffé les rivalités particulières, les puissances parvin-rent à se liguer contre l’ennemi commun, et à faire la plusjuste des alliances, pour rendre à la France son souverain légi-time et désiré, et pour précipiter du haut de son trône le déten-teur sacrilège. Celui-ci, toujours fertile eu ressources, jamaisdélicat sur le choix de ses moyens, et accoutumé à donner lenom de traités à des conventions faites par la fraude et la vio-lence, crut pouvoir conjurer l’orage en traitant avec moi à Va-lençay ; le fruit de ses fourberies a été pour lui l'humiliation deles voir échouer. Cet insensé croyait qu’il pouvait tromperdeux fois, ou bieu que mou cœur pouvait souffrir l’idée d’ache-ter la liberté eu sacrifiant le bonheur de mes peuples, et entroublant la tranquillité de l’Europe , Le ciel ne pouvait que fa-voriser l'entreprise des souverains légitimes, si réclamée par lamorale, par la religion et par 1 humanité ; tout le monde com-mença à respirer librement, en voyant leurs droits sanctionnéspar le traité de Paris. Voilà les titres sur lesquels Bonaparte fonde son droit à la couronne de France , et ses prétentions dela recouvrer ; il se voit soutenu par la partie démoralisée de lanation, au plus grand désespoir de la plus saine partie qui sou-pire après le bonheur de vivre sous le sceptre du juste, du clé-ment Louis XVIII .
Du moment où les efforts de la fidélité et de la valeur de l’Es-pagne , aidés par ceux des autres puissances, étaient parvenusa briser les chaînes qui m’attachèrent à Valençay , je partis decet endroit, pour me rendre au milieu de mes sujets, commeun père au milieu de ses enfans. Espagnols ! au plaisir de mevoir au milieu de vous se réunissaient la résolution et le douxespoir de réparer par une longue paix les maux causés par laguerre la plus dévastatrice et la plus sanglante. Rien ne m’affli-geait, si ce n’est la difficulté de l’entreprise. La guerre avait dé-peuplé les provinces, converti en déserts les terres les plus fer-