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jean, s’y établissait, et se portait jusque sur la position del'ennemi. Le maréchal Ney qui commandait les deux corps,se trouvait de sa personne sur la grande route, pour diriger lesmouvemens suivant les circonstances.
Le maréchal me dit, pendant la bataille, qu’il allait fairéun grand effort sur' le centre de l’ennemi, pendant que la cava-lerie ramasserait les pièces qui paraissaient n’ètrepas beaucoupsoutenues. Il me dit plusieurs fois, lorsque je lui portais desordres, que nous allions remporter une grande victoire.
Cependant le corps prussien, qui s’était joint â la gauchedes Anglais , se mit en potence sur notre flanc droit etcommença à l’attaquer vers cinq heures et demie du soir.Le 6e corps, qui n’avait pas pris par,t à la bataille du 16, fut dis-posé pour lui faire face, et fut soutenu par une divisionde la jeune garde et quelques batteries de la garde. Verssept heures, ou aperçut dans le lointain vers notre droite,un feu d’artillerie et de mousqueterie. On ne douta pasque le maréchal Grouehy n’eût suivi le mouvement desPrussiens et ne vînt prendre part à la victoire. Des cris dejoie se font entendre sur toute notre ligne. Les troupes, fati-guées par huit combats, reprennent vigueur et font de nou-veaux efforts. L’empereur regarde cet instant comme déci-sif. Il porte en avant toute sa garde ; ordonne à quatre ba-taillons de passer près le village de Mont-Saint-Jean, de seporter sur la position ennemie, et d’enlever à la bayonnettetout ce qui résisterait, La cavalerie de la garde et tout cequi restait de cavalerie sous la main seconda ce mouvement.Les quatre bataillons, en arrivant sur le plateau, sont accueil-lis par le feu le plus terrible de mousqueterie et de mitraille.Le grand nombre de blessés qui se détache fait croire que lagarde est en déroute. Une terreur panique se communiqueaux corps voisins, qui prennent la fuite avec précipitation.La cavalerie ennemie, qui s’aperçoit de ce désordre, est lâ-chée dans la plaine ; elle est contenue pendant quelque temspar les douze bataillons de vieille garde qui n’avaient point en-core donné et qui, entraînés eux-mêmes par ce mouvementinexplicable, suivent, mais en ordre, la marche des fuyards.
Toutes les voitures d’artillerie se précipitent sur la granderoute, bientôt elles s’y accumulent tellement qu’il est im-possible de les faire marcher, elles sont pour la plupart aban-données sur le chemin et dételées par les soldats qui en em-mennent les chevaux.
* Tout se précipite vers le pont de Charleroy et celui de Mar-chiennes, d’*ù les débris furent dirigés sur Phillipeville etAvesnes.
Tel est l’exposé de cette funeste journée. Elle devait met-tre le comble à la gloire de l’année française, détruire toutesles vaines espérances de l’ennemi, et peut-être donner très-pro-
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