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HISTOIRE DE DIX ANS.
dant la monarchie comme un privilège protecteur de leursprivilèges.
Aussi laissa-t-on complètement clans l'ombre la face laplus importante du problème. Dans les débats qui s'ou-vrirent sur l'organisation départementale, nul ne sut oun'osa protester contre cette prise de possession de lasociété par l’anarchie. L’antagonisme de deux principesessentiellement rivaux et sedispulant l’ordre social commeune proie, ne parut pas un mal assez profond pour qu'onle discutât : on s'abstint même d’en parler !
La discussion roula presque tout entière sur la ques-tion de savoir si les conseils d'arrondissement seraientsupprimés et feraient place à des conseils cantonaux.
C'est ce que demandaient MM. Bérard, Lherbette, deRambuteau, Odilon Barrot . —Des relations journalières,nécessaires, ont créé, disaient-ils, l'ètre collectif qu'onappelle la commune ; des rapports de voisinage ont créél'être collectif qu'on appelle le canton. Le canton, quin’est que la réunion de plusieurs communes contiguës outrès-rapprochées, placées dans des situations analogues,ayant des besoins presque identiques, le canton a, commela commune, une existence qui lui est propre, des inté-rêts auxquels il faut une représentation. Pourquoi doncrefuser un conseil au canton, lorsqu'on en donne un àl'arrondissement, qui n'est qu'une agrégation de cantonsséparés Lun de l'autre par la diversité des intérêts et desbesoins? Le canton est une circonscription réelle, indi-quée par la nature même des choses. L'arrondissement estune circonscription arbitraire, factice, qui n’existe quesur le papier. Si les fonctions des sous-préfets étaientassimilées à celles des préfets, on concevrait qu'on plaçât